Calcium et vitamine D : généralement inutiles pour prévenir les fractures
Ces suppléments ne contribuent pas vraiment à réduire le nombre de chutes et de fractures chez les personnes âgées. Il serait temps de privilégier des approches plus efficaces..
Les recommandations officielles en matière de prévention des fractures liées à l'ostéoporose suggèrent souvent de consommer suffisamment de calcium et de vitamine D. Le calcium est un minéral essentiel pour la solidité des os, tandis que la vitamine D facilite son absorption par l'organisme. Ces conseils sont largement diffusés depuis des décennies, notamment pour les personnes âgées, considérées comme plus à risque de fractures. Cependant, des études récentes remettent en question l'efficacité de ces suppléments pour prévenir les fractures chez la majorité des adultes. En effet, une méta-analyse publiée en 2026 dans la revue Quebec Science indique que ces compléments n'apportent pas de bénéfice significatif pour réduire le risque de fractures, sauf dans des cas très spécifiques.
Les preuves scientifiques proviennent d'une analyse approfondie de nombreuses études cliniques portant sur des milliers de participants. Les chercheurs ont examiné des essais randomisés, où les participants étaient répartis aléatoirement pour recevoir soit des suppléments de calcium et de vitamine D, soit un placebo (un comprimé sans principe actif). Les résultats montrent que, pour la majorité des adultes en bonne santé, la prise de ces compléments ne réduit pas significativement le nombre de fractures. Par exemple, une étude citée dans l'article indique que le risque de fracture diminue de seulement 1 % chez les personnes prenant ces suppléments, un effet considéré comme négligeable par les scientifiques. Ces conclusions s'appliquent particulièrement aux personnes qui ne souffrent pas de carence avérée en calcium ou en vitamine D.
Certaines exceptions existent où les suppléments de calcium et de vitamine D pourraient être utiles. Par exemple, les personnes âgées vivant en institution, qui ont un apport alimentaire insuffisant ou une mobilité réduite, pourraient tirer un léger bénéfice de ces compléments. De même, les individus souffrant d'une carence diagnostiquée en vitamine D ou en calcium pourraient nécessiter une supplémentation, mais sous supervision médicale. Cependant, même dans ces cas, l'article souligne que les bénéfices restent limités et que d'autres mesures, comme l'activité physique ou la prévention des chutes, sont souvent plus efficaces pour réduire le risque de fractures.
Outre leur inefficacité relative, les suppléments de calcium et de vitamine D peuvent présenter des risques pour la santé. Une consommation excessive de calcium, par exemple, est associée à un risque accru de calculs rénaux et de maladies cardiovasculaires. De même, des doses trop élevées de vitamine D peuvent entraîner une hypercalcémie, une condition où le taux de calcium dans le sang devient trop élevé, ce qui peut causer des nausées, des faiblesses musculaires ou des problèmes rénaux. L'article met en garde contre l'automédication et recommande de consulter un professionnel de santé avant de prendre ces suppléments, surtout en l'absence de carence avérée.
Plutôt que de se fier aux suppléments, l'article souligne l'importance d'une alimentation équilibrée pour maintenir une bonne santé osseuse. Les aliments riches en calcium incluent les produits laitiers, les légumes verts à feuilles (comme les épinards) et les amandes. La vitamine D peut être obtenue grâce à l'exposition modérée au soleil ou à travers des aliments comme les poissons gras (saumon, maquereau). Par ailleurs, des mesures préventives comme la pratique régulière d'exercices physiques, notamment ceux qui renforcent les muscles et améliorent l'équilibre, sont bien plus efficaces pour réduire le risque de fractures que les suppléments.

