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Généraliste

Un juge ordonne à Ottawa de révéler des informations liées aux crimes de guerre nazis

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 4 h

Une recherche de 1986 sur l'installation de criminels de guerre nazis présumés au Canada a été censurée..

Ordre judiciaire clé

Le 3 septembre 2026, la Cour fédérale du Canada a ordonné au gouvernement d’Ottawa de rendre publics des passages longtemps censurés d’une étude historique sur l’accueil de criminels de guerre nazis après la Seconde Guerre mondiale. Cette décision, rendue par le juge Simon Fothergill, concerne spécifiquement une étude réalisée en 1986 par la chercheuse Alti Rodal dans le cadre d’une commission d’enquête fédérale. Le gouvernement canadien avait initialement publié cette étude en 1987 sous une forme fortement caviardée, c’est-à-dire avec des parties entièrement masquées ou supprimées, en vertu de la Loi sur l’accès à l’information. Depuis, des versions moins censurées ont été progressivement dévoilées, mais certains éléments restaient inaccessibles, notamment ceux liés au rôle des services de renseignement américains.

Contexte historique précis

L’étude d’Alti Rodal révèle qu’entre 1945 et 1955, le Canada a accueilli de nombreux criminels de guerre nazis et collaborateurs du régime hitlérien. Selon ses conclusions, les politiques d’immigration canadiennes de l’époque ont été progressivement assouplies pour faciliter l’entrée légale de ces individus. Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, la priorité des autorités n’était pas d’écarter les nazis, mais de bloquer l’arrivée de communistes ou d’espions, considérés comme la principale menace pour la sécurité nationale à l’époque. Cette période correspond à la Guerre froide, un conflit idéologique et géopolitique entre les États-Unis et l’URSS qui a duré de 1947 à 1991. Les directives canadiennes en matière de sécurité ont donc été adaptées en conséquence, au détriment de la lutte contre les anciens membres du parti nazi.

Rôle des États-Unis

Parmi les éléments encore cachés du rapport Rodal figurent des informations détaillées sur le rôle joué par les agences de renseignement américaines dans la réinstallation de collaborateurs nazis au Canada. Ces passages incluent les noms d’agents étrangers, leurs fonctions précises, des données statistiques ainsi que des descriptions d’événements historiques. Le gouvernement canadien a justifié son refus de divulguer ces informations en invoquant un risque de tensions avec les États-Unis, partenaire stratégique du Canada. Les avocats fédéraux ont affirmé que la publication de ces données pourrait nuire aux relations bilatérales, sans pour autant fournir de preuves concrètes de ce préjudice. Le juge Fothergill a estimé que cette simple crainte ne suffisait pas à justifier le maintien du secret, soulignant que la divulgation d’informations précises ne pouvait être refusée sans démonstration solide.

Ce que ça pourrait changer

Cette décision judiciaire est présentée comme une victoire par B’nai Brith Canada, une organisation juive qui milite depuis des années pour l’accès à ces documents. Richard Robertson, directeur de la recherche au sein de cette organisation, a souligné que les Canadiens méritent de connaître cette partie sombre de leur histoire afin d’en tirer des leçons et de comprendre les conséquences pour la communauté juive du pays. Il espère que la publication de ces archives permettra de clarifier quels individus ont été admis au Canada et pour quelles raisons. Le gouvernement, représenté par le ministre de l’Identité et de la Culture Marc Miller, n’a pas encore indiqué s’il comptait faire appel de cette décision devant la Cour d’appel fédérale. B’nai Brith a prévenu qu’il contesterait toute nouvelle tentative de censure.

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