Urinoirs optimisés et sous-vêtements enterrés au menu des « anti-Nobel » 2026
Pour la première fois depuis sa création en 1991, l'événement s'est tenu hors des États-Unis, à Zurich..
Les Ig-Nobel sont des récompenses scientifiques humoristiques décernées chaque année depuis 1991 par le magazine Annals of Improbable Research (Annales de la recherche improbable). Ces prix, qui parodient les Nobel, distinguent des travaux scientifiques jugés insolites, amusants ou inattendus. Contrairement aux Nobel, qui célèbrent des découvertes majeures, les Ig-Nobel mettent en lumière des recherches originales, parfois absurdes, mais toujours fondées sur une démarche scientifique. En 2026, pour la première fois depuis leur création, la cérémonie s'est tenue à Zurich, en Suisse, en raison du contexte politique aux États-Unis. L'événement a réuni des chercheurs du monde entier, certains déguisés, pour recevoir un trophée en forme de pied entouré de champignons, remis par de vrais lauréats du Nobel.
L’Ig-Nobel de biologie 2026 a été attribué à João Miguel Alves-Nunes, chercheur à l’université de São Paulo au Brésil, pour ses travaux sur le comportement des serpents venimeux. Son expérience consistait à marcher sur 116 serpents pour déterminer à quel moment ces animaux décident de mordre. Au total, il a réalisé 40 000 tests en piétinant les serpents avec des bottes de protection. Malgré une morsure reçue à travers ses bottes lors d’un test, Alves-Nunes n’a pas abandonné et prévoit d’étendre ses recherches à d’autres pays. Cette étude illustre comment des méthodes insolites peuvent contribuer à la compréhension du comportement animal, même si elles semblent dangereuses ou déroutantes.
Le prix Ig-Nobel de physique 2026 a récompensé une équipe internationale composée de chercheurs de Chine, des États-Unis, d’Arabie saoudite et du Canada pour leurs travaux sur l’optimisation des urinoirs. Leur objectif était de concevoir un urinoir réduisant les éclaboussures, un problème courant dans les toilettes publiques. Pour cela, ils ont créé une machine simulant la miction masculine, équipée d’une buse reproduisant anatomiquement l’urètre et alimentée par de l’eau. Aux États-Unis seulement, environ un million de litres d’urine sont répandus chaque jour sur les sols, entraînant des coûts élevés de nettoyage et des risques de contamination bactérienne. Cette innovation pourrait donc avoir un impact pratique et économique significatif.
L’Ig-Nobel des sciences du sol 2026 a été décerné à une équipe de l’université de Zurich pour une expérience originale : enterrer des sous-vêtements d’homme dans des jardins privés. L’étude consistait à envoyer 2 000 sous-vêtements à des volontaires, qui devaient les enterrer pendant deux mois avant de les renvoyer pour analyse. L’objectif était de rendre la science des sols plus accessible et visible en utilisant un objet du quotidien. Un membre de l’équipe s’est même déguisé en cafard géant pour remettre le prix, soulignant l’aspect ludique et décalé de cette recherche. Cette méthode permet d’étudier la dégradation des matériaux organiques dans différents types de sols.
Le prix *Ig-Nobel d’économie* 2026 a été attribué à Paul Piff, professeur de psychologie à l’université de Californie, pour ses expériences sur le comportement des personnes issues de milieux favorisés face à des bonbons destinés à des enfants. Ses travaux ont montré que ces personnes avaient davantage tendance à prendre des bonbons dans des bols explicitement réservés aux enfants. Le prix lui a été remis par Esther Duflo, lauréate du *Nobel d’économie* en 2019, qui a quitté le Massachusetts Institute of Technology pour rejoindre l’université de Zurich. Duflo a souligné que ces prix, bien que humoristiques, invitent à réfléchir sur des comportements humains universels.

