Plus d’un millier de manifestants s’opposent au projet de Tennis Canada dans le parc Jarry
En scandant le slogan « Pas un pouce de plus », les manifestants ont marché dans Villeray et Parc-Extension..
Plus de 1 000 personnes se sont rassemblées dimanche 9 août 2026 au parc Jarry à Montréal pour protester contre un projet d’agrandissement des installations de tennis porté par Tennis Canada. Les manifestants ont également défilé dans les quartiers voisins de Villeray et Parc-Extension. Ce projet prévoit la construction d’un nouveau court central avec un toit rétractable sur un terrain de baseball adjacent, ainsi que l’aménagement de quatre terrains d’entraînement extérieurs. L’objectif est d’augmenter la superficie dédiée au tennis de 22 % à 27 % dans le parc, qui s’étend sur 35,6 hectares. Les opposants craignent que cette expansion ne réduise les espaces verts accessibles à tous, alors que le parc Jarry est un lieu de rassemblement essentiel pour les habitants des quartiers densément peuplés comme Parc-Extension, où 20 000 habitants vivent au kilomètre carré et où 80 % des résidents n’ont pas accès à une cour privée.
Le parc Jarry est décrit par les manifestants comme un espace vital pour les familles et les communautés locales. Didier Delfolie-Noulin, porte-parole du Front commun pour la protection du parc Jarry, souligne que ce parc sert de lieu de rencontre pour des activités sociales, culturelles et sportives, notamment pour les familles qui n’ont pas d’autres espaces verts à proximité. Le député de Laurier-Dorion pour Québec solidaire, Andrés Fontecilla, a également participé à la manifestation, critiquant le projet car il estime que privatiser une partie du parc réduirait encore les espaces verts disponibles pour une population déjà en manque. Les habitants expriment leur attachement émotionnel au parc, certains affirmant y venir depuis leur enfance, et dénoncent une prise de décision qui ne tient pas compte de leurs besoins.
Le coût total du projet est estimé à 400 millions de dollars. Tennis Canada et ses partenaires privés s’engagent à financer 10 % de ce montant, soit 40 millions de dollars, tandis que le reste (360 millions de dollars) serait à la charge des différents paliers de gouvernement. Cette répartition du financement suscite des critiques, notamment de la part des manifestants qui estiment que le projet ne devrait pas être subventionné par des fonds publics. Une participante a exprimé sa préoccupation en déclarant que l’investissement public n’était pas justifié, car il s’agirait d’un projet privé qui profiterait principalement à une organisation sportive. Le débat porte donc sur la légitimité de l’utilisation de l’argent public pour un projet perçu comme favorisant une minorité.
Tennis Canada affirme être ouvert au dialogue avec les citoyens et les autorités locales. Valérie Tétreault, directrice de l’Omnium Banque Nationale, a souligné lors d’une conférence de presse que l’organisation souhaitait préserver les caractéristiques du parc tout en modernisant ses installations pour rester compétitive sur la scène internationale. Elle a reconnu les préoccupations des citoyens et a indiqué que des discussions étaient en cours avec la Ville de Montréal. Tennis Canada justifie son projet par la nécessité de suivre les standards des tournois de tennis professionnels, comme les Masters 1000 organisés par l’ATP (Association of Tennis Professionals) et la WTA (Women’s Tennis Association). Cependant, l’organisation n’a pas encore présenté d’échéancier précis pour la réalisation des travaux.
La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a réaffirmé l’importance de maintenir le caractère public et accessible du parc Jarry. Elle a exprimé son intention de concilier la pérennité de l’*Omnium Banque Nationale*, un tournoi de tennis majeur, avec la préservation des espaces verts pour les citoyens. La Ville de Montréal est donc en discussion avec *Tennis Canada* pour trouver une solution qui réponde aux attentes de toutes les parties. Le parc Jarry, en tant que lieu emblématique de Montréal, est au cœur d’un débat entre développement sportif, besoins sociaux et préservation de l’environnement urbain.

