Mali : à Kidal, reprise par l’armée, “le jeu du chat et de la souris” continue
Les soldats maliens et leurs alliés russes ont repris le contrôle de la ville du nord-est du Mali, théâtre d’une “guerre perpétuelle”, dont ils avaient été chassés en avril par une coalition de rebelles touareg et de djihadistes. De nombreux médias voient dans ce nouveau retournement la main d’Alger, qui s’est récemment réconcilié avec Bamako..
La ville de Kidal, située dans le nord-est du Mali, est au cœur d’un conflit récurrent depuis des années. Elle se trouve dans une région appelée Adrar des Ifoghas, un territoire désertique et montagneux du Sahara, habité principalement par les Touaregs, un groupe ethnique nomade. Depuis avril 2026, Kidal était sous le contrôle du Front de libération de l’Azawad (FLA), un mouvement indépendantiste touareg qui revendique la création d’un État autonome dans le nord du Mali, appelé Azawad. Ce mouvement collaborait avec le Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM), un groupe djihadiste affilié à Al-Qaïda, actif dans la région du Sahel. Ces deux groupes avaient pris le contrôle de Kidal en chassant l’armée malienne et ses alliés russes, membres de l’Africa Corps, une milice privée russe opérant au Mali.
Le 6 octobre 2026, l’armée malienne, soutenue par des mercenaires russes de l’Africa Corps, a repris le contrôle de Kidal après une offensive éclair. Les forces maliennes sont parties d’Anéfis, une ville située à environ 100 kilomètres au sud-est de Kidal, pour mener cette opération. Cette reprise marque un retournement de situation après six mois d’occupation par les rebelles touaregs et les djihadistes. Le gouvernement malien a annoncé dans un communiqué vouloir renforcer et consolider sa présence militaire dans la région, tout en intensifiant les opérations pour sécuriser la zone. Cette victoire est perçue comme un succès stratégique pour Bamako, la capitale du Mali.
Les observateurs décrivent la situation à Kidal comme un jeu du chat et de la souris, une expression qui illustre une guerre de mouvement où les forces en présence alternent attaques surprises, retraits stratégiques et contre-offensives. Depuis des années, le nord du Mali est le théâtre d’une guerre perpétuelle, où les villes et les territoires changent de mains au gré des offensives. Les rebelles touaregs et les groupes djihadistes, comme le GSIM, mènent des attaques éclair avant de se replier dans le désert ou les montagnes, rendant toute occupation durable difficile. L’armée malienne, bien que renforcée par des alliés russes, peine à maintenir un contrôle stable sur ces zones reculées.
Plusieurs médias évoquent l’implication de l’Algérie dans cette reprise de Kidal. Alger, qui partage une longue frontière avec le Mali, aurait joué un rôle clé dans la réconciliation entre Bamako et les groupes touaregs modérés. Cette réconciliation aurait permis à l’armée malienne de reprendre le contrôle de la ville sans affrontement majeur. L’Algérie, qui cherche à stabiliser la région du Sahel, aurait facilité des négociations ou fourni un appui logistique ou diplomatique. Cette intervention s’inscrit dans un contexte où les pays voisins du Mali tentent de limiter l’influence des groupes djihadistes et des rebelles armés dans la zone.
La reprise de Kidal par l’armée malienne ne signifie pas la fin des tensions dans la région. Les groupes rebelles touaregs et les djihadistes conservent une capacité de nuisance importante, notamment dans les zones désertiques et montagneuses. Les autorités maliennes ont annoncé vouloir *consolider* leur présence militaire, mais la stabilisation de Kidal dépendra de leur capacité à maintenir un contrôle effectif et à gagner la confiance des populations locales. Les défis restent nombreux : sécurité, reconstruction, et gestion des tensions ethniques et politiques dans le nord du pays. Cette situation s’inscrit dans un conflit plus large au Sahel, où les groupes armés profitent souvent des vides politiques et des faiblesses des États pour étendre leur influence.

