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L’Iran face à une « guerre totale » avec les États-Unis

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 17 j

Les États-Unis ont intensifié leurs frappes l'Iran, qui a riposté en ciblant des alliés de Washington..

Déclaration de guerre totale

Le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré que l'Iran faisait face à une guerre totale avec les États-Unis, une escalade majeure des tensions. Cette déclaration intervient après neuf jours consécutifs de combats intenses, les plus violents depuis le cessez-le-feu d'avril. Le terme guerre totale signifie ici une confrontation sans restriction, touchant l'ensemble du territoire iranien et impliquant des frappes militaires massives. Les États-Unis ont élargi leurs attaques, initialement limitées au sud de l'Iran, pour cibler désormais le centre et le nord-ouest du pays. Par exemple, des frappes à Tabriz et Ourmia, situées à plus de 1 000 kilomètres du Golfe persique, ont causé des victimes civiles. Téhéran accuse Washington de viser des sites militaires, mais inclut aussi des infrastructures comme la centrale nucléaire de Bouchehr, seule en fonctionnement dans le pays, et celle de Darkhovin en construction.

Bilan humain des combats

Depuis le 28 février, date du début officiel de la guerre, 17 militaires américains ont été tués, dont trois au cours de la semaine écoulée. Deux d'entre eux sont morts dans des frappes iraniennes en Jordanie, tandis qu'un troisième a péri en Irak lors de la destruction de munitions ennemies. Côté iranien, le dernier bilan officiel, publié le vendredi précédant l'article, fait état de 50 morts et plus de 500 blessés depuis la reprise des combats le 7 juillet. Ces chiffres illustrent l'intensité des affrontements, qui dépassent largement les violences des mois précédents. Les pertes humaines incluent à la fois des militaires et des civils, comme en témoignent les victimes des frappes américaines à Tabriz et Ourmia, dans le nord-ouest du pays.

Escalade régionale

L'Iran a riposté en ciblant ses voisins du Golfe, alliés des États-Unis, comme le Koweït et Bahreïn. Ces attaques incluent des drones iraniens visant des systèmes de navigation aérienne civils à Bahreïn et des infrastructures militaires américaines en Syrie et en Jordanie. Les Gardiens de la révolution, une branche armée idéologique de l'Iran, ont revendiqué la destruction d'avions américains à Aqaba (Jordanie) et des attaques contre des bases américaines à Al-Tanf (Syrie). Parallèlement, les rebelles houthis du Yémen, soutenus par l'Iran, ont annoncé un blocus maritime de l'Arabie saoudite en réponse à un blocus saoudien des ports et aéroports houthis. Ces actions s'inscrivent dans une stratégie régionale visant à affaiblir les alliés des États-Unis et à étendre l'influence iranienne.

Blocus du détroit d'Ormuz

L'Iran a renforcé son contrôle sur le détroit d'Ormuz, une voie maritime stratégique par laquelle transite environ un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures. Les Gardiens de la révolution ont immobilisé six pétroliers en deux jours, dont deux ont explosé après avoir tenté de franchir le détroit par une route jugée dangereuse. Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a appelé la communauté internationale à protéger le transport maritime dans cette zone. Le détroit est à nouveau verrouillé par l'Iran depuis la reprise des hostilités, en réponse à quoi les États-Unis ont réimposé un blocus des ports iraniens. Cette situation a fait remonter le prix du baril de pétrole Brent, référence mondiale, à plus de 90 dollars, un niveau inédit depuis juin.

Ce que ça pourrait changer

Malgré l'escalade militaire, l'Iran maintient des efforts diplomatiques pour tenter de désamorcer la crise. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a affirmé que Téhéran poursuivait des échanges avec les États-Unis via des pays médiateurs comme le Pakistan, le Qatar et Oman. Le ministre de l'Intérieur iranien, Eskandar Momeni, s'est rendu au Pakistan pour des discussions. Cependant, ces initiatives peinent à freiner la spirale de la violence. Parallèlement, les frappes et contre-frappes se multiplient, avec des conséquences économiques immédiates : le prix du pétrole a augmenté de manière significative, reflétant les craintes d'une perturbation durable des approvisionnements énergétiques mondiaux.

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