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Géopolitique

“Au pays de Kim Jong-un” : sur notre site, la Corée du Nord comme vous ne l’avez jamais vue

Courrier International · mis à jour il y a 25 j

Comment se passent les vacances en Corée du Nord ? Comment s’amuse-t-on le week-end ? À quoi rêve-t-on ? Cette série de témoignages de réfugiés qui ont fui le régime de Kim Jong-un, issue du site “NK News”, permet de découvrir l’un des pays les plus fermés du monde. Embarquement immédiat, direction Pyongyang..

La Corée du Nord, un État fermé

La Corée du Nord, dirigée par Kim Jong-un depuis 2011, est l’un des pays les plus isolés au monde. Avec une population de près de 26 millions d’habitants, ce royaume ermite combine une idéologie communiste officielle avec un système politique dynastique, où le pouvoir se transmet au sein d’une même famille depuis sa création en 1948. Le régime contrôle strictement l’accès au pays : les journalistes étrangers et la plupart des touristes y sont interdits, à l’exception des Russes. Cette fermeture extrême alimente les fantasmes sur la vie quotidienne des Nord-Coréens, souvent décrite comme mystérieuse et oppressive. Les témoignages de transfuges, recueillis dans une série de six articles, offrent une rare plongée dans cette société méconnue, révélant des aspects à la fois absurdes et tragiques de leur existence sous le régime.

Des vacances sous contrôle

En Corée du Nord, les vacances scolaires ne ressemblent pas à celles que l’on connaît ailleurs. Jin, un transfuge ayant fui en 2014, décrit des activités imposées comme l’élevage de lapins, la surveillance des écoles ou des cours d’accordéon clandestins, organisés en secret. Les enfants nord-coréens doivent aussi participer à des tâches collectives, comme le trafic d’excréments utilisés comme engrais. Ces obligations, présentées comme des loisirs, sont en réalité des prolongements de la vie scolaire et de l’endoctrinement idéologique. Les témoignages révèlent que ces périodes, loin d’être des moments de détente, sont souvent redoutées par les enfants, qui préféreraient ne pas les revivre. Cette organisation illustre la manière dont l’État contrôle même les moments de repos des citoyens.

La presse, outil d’endoctrinement

En Corée du Nord, les médias ne servent pas à informer, mais à diffuser l’idéologie officielle du régime. Le Rodong Sinmun, principal quotidien du pays, est un exemple de cette propagande quotidienne. Seonghyeon, un transfuge ayant quitté le pays en 2019, explique que ce journal est une source d’instruction idéologique, où les frontières du savoir et du langage sont strictement définies par l’État. Pour lui, la découverte de la presse sud-coréenne a été un choc : il y a trouvé une société présentée comme corrompue et décadente, notamment à travers les publicités commerciales omniprésentes. Cette comparaison met en lumière la différence radicale entre un système où l’information est contrôlée et un autre où elle est libre, mais parfois perçue comme chaotique.

Météo : une propagande climatique

Les bulletins météo de Pyongyang, capitale de la Corée du Nord, ont une particularité surprenante : ils n’annoncent jamais de mauvais temps. Cette pratique, bien que semblant absurde, reflète la volonté du régime de présenter une image idéale et contrôlée de la réalité, même face à des dangers concrets. Par exemple, une tempête ou une inondation pourrait mettre en péril des millions de personnes, mais l’État préfère occulter ces risques plutôt que de reconnaître des faiblesses. Cette manipulation de l’information climatique illustre la stratégie globale du régime : créer une illusion de stabilité et de perfection, au mépris des besoins et des dangers réels de la population.

Une journée de travail sous pression

Jin Ju-dong, un ouvrier nord-coréen ayant fui pendant la pandémie de Covid-19, décrit une journée de travail typique dans son pays. Les trajets domicile-travail sont interminables, souvent effectués à pied ou dans des conditions précaires. Les petits chefs (responsables locaux) exercent un pouvoir tyrannique, imposant des cadences épuisantes et des chantiers dangereux, où les normes de sécurité sont inexistantes. Les ouvriers sont souvent contraints de travailler dans des conditions extrêmes, sans équipement adapté, au nom de la productivité exigée par le régime. Ce témoignage révèle l’absence de droits des travailleurs et l’exploitation systématique qui caractérise l’économie nord-coréenne, où la survie prime sur la dignité.

Le samedi : jour d’autocritique

En Corée du Nord, le samedi n’est pas un jour de repos, mais une journée dédiée à l’autocritique. Rose, une transfuge ayant quitté le pays en 2019, se souvient de ces journées passées à recopier les discours des dirigeants, comme Kim Jong-un ou son père Kim Jong-il. Ces séances servent à renforcer la loyauté envers le régime et à rappeler aux citoyens leur devoir de soumission. Cette pratique contraste fortement avec la culture du travail en Corée du Sud, où l’accent est mis sur la performance individuelle et la compétitivité. Les Nord-Coréens, habitués à feindre l’engagement pour éviter des sanctions, sont souvent surpris par l’anxiété et le stress qui pèsent sur les travailleurs sud-coréens, contraints de toujours en faire plus pour rester compétitifs.

Ce que ça pourrait changer

Lena, une Nord-Coréenne ayant traversé le fleuve Tumen pour fuir en Chine en 2019, raconte son expérience traumatisante. La fuite vers la liberté est un parcours semé d’embûches, où la peur de la capture par les agents de sécurité est constante. Elle décrit une pression physique et mentale écrasante, avec des symptômes comme une oppression à la poitrine ou une gorge serrée, même des années après son évasion. Six ans après sa défection, elle avoue que la Corée du Nord continue de la hanter, comme un cauchemar dont elle ne parvient pas à se libérer. Ce témoignage illustre les risques extrêmes encourus par ceux qui osent défier le régime, ainsi que les séquelles psychologiques durables que laisse cette expérience.

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