Le Sentier Transcanadien réclame 55 millions $ à Ottawa pour entretenir son réseau
Selon une étude, près de 11 000 km du Sentier transcanadien pourraient se détériorer d'ici 2045..
Le Sentier Transcanadien, long de 30 000 kilomètres, est un réseau de sentiers utilisé par environ 29 millions de Canadiens chaque année. Il traverse le pays et relie les collectivités, offrant des espaces de loisirs, de transport actif et de tourisme. Cependant, près de 11 000 kilomètres de ce réseau pourraient se détériorer d’ici 2045 si aucun financement supplémentaire n’est accordé. Cette détérioration menace non seulement l’accès aux sentiers, mais aussi les retombées économiques et sociales qu’ils génèrent. Le Sentier Transcanadien est un exemple d’infrastructure partagée, souvent aménagée sur d’anciennes voies ferrées, certaines datant de plus d’un siècle. Ces infrastructures vieillissantes doivent désormais faire face à des défis supplémentaires comme les changements climatiques, qui accélèrent leur usure.
L’organisme Sentier Transcanadien demande au gouvernement fédéral de renouveler un financement de 55 millions de dollars sur cinq ans, à partir de l’année 2027. Ce montant, déjà accordé en 2022 pour la période 2022-2027, arrive à échéance le 31 mars 2027. Sans ce renouvellement, le réseau pourrait se dégrader rapidement, entraînant des pertes estimées à 2 milliards de dollars par an en dépenses touristiques et la disparition d’environ 1 000 emplois. Le financement fédéral est crucial, car il sert de levier pour attirer d’autres investisseurs. Selon Matt DeCourcey, directeur des affaires gouvernementales de l’organisme, chaque dollar investi par le gouvernement pourrait générer cinq ou six dollars supplémentaires de la part d’autres partenaires. Ce mécanisme est appelé un investisseur de départ (seed investor), une stratégie visant à mobiliser des fonds privés ou locaux pour compléter le financement public.
Les tronçons du Sentier Transcanadien situés dans les petites et moyennes collectivités sont particulièrement vulnérables. Ces municipalités disposent de moins de ressources financières et de possibilités de partenariats que les grands centres urbains. Leur capacité à entretenir les sentiers est donc limitée, ce qui rend ces zones plus exposées à la détérioration. Par exemple, dans la région de Windsor-Essex, le réseau comprend près de 175 kilomètres de sentiers polyvalents, dont la voie multi-usage du pont international Gordie-Howe. Ces sentiers ont enregistré 3,2 millions de visites en 2025, illustrant leur importance locale. Sans entretien régulier, ces collectivités pourraient perdre une source majeure d’activité économique et de cohésion sociale, car les sentiers attirent des visiteurs dans les commerces locaux comme les cafés, restaurants et boutiques.
Le vieillissement des infrastructures et les changements climatiques représentent deux défis majeurs pour l’entretien du réseau. Certains tronçons, aménagés sur d’anciennes emprises ferroviaires, sont particulièrement exposés aux phénomènes météorologiques extrêmes. Par exemple, les sentiers situés sur des pentes ou à proximité de cours d’eau sont plus vulnérables aux inondations, glissements de terrain ou érosion. Ces événements accélèrent la détérioration des infrastructures et augmentent les coûts de réparation. En outre, le recrutement et le maintien des bénévoles, essentiels pour l’entretien des sentiers, deviennent plus difficiles. Mathieu Roy, président-directeur général du Sentier Transcanadien, souligne que ces défis nécessitent une adaptation urgente des infrastructures pour les rendre plus résilientes aux impacts climatiques.
Le Sentier Transcanadien génère des retombées économiques significatives pour les collectivités qu’il traverse. Les usagers des sentiers fréquentent les commerces locaux, soutenant ainsi l’emploi et l’activité économique. Une détérioration du réseau pourrait donc réduire la clientèle des cafés, restaurants et boutiques, affectant indirectement des emplois non liés directement aux sentiers. Par ailleurs, les sentiers offrent des possibilités de transport actif et d’activité physique, contribuant à un mode de vie plus sain. Selon Matt DeCourcey, leur disparition rendrait la vie moins abordable et limiterait les occasions pour les citoyens d’adopter des habitudes de vie plus saines. Ces aspects soulignent l’importance du réseau non seulement sur le plan économique, mais aussi sur le plan social et sanitaire.

