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Toronto a la pire qualité de l’air au monde

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 22 j

La Ville Reine se situe avant Kinshasa en deuxième et Delhi en troisième, mercredi matin..

Toronto en tête

Mercredi matin, Toronto a enregistré la pire qualité de l’air au monde selon le site de surveillance IQAir, un classement basé sur l’indice de qualité de l’air américain (AQI⁺ US). La ville se positionne en première place, devant Kinshasa (République démocratique du Congo) et Delhi (Inde). Cette situation exceptionnelle pourrait s’expliquer par un mélange de pollution urbaine classique et de fumée provenant des feux de forêt qui ravagent actuellement le nord-ouest de l’Ontario. L’AQI⁺ US est un outil qui mesure principalement la concentration de particules fines dans l’air, appelées PM2,5. Ces particules, dont le diamètre est inférieur ou égal à 2,5 micromètres, sont environ 30 fois plus petites qu’un cheveu humain. Leur taille minuscule leur permet de pénétrer profondément dans les poumons, voire dans le sang, ce qui en fait un danger majeur pour la santé. Le classement d’IQAir repose sur les données de plus de 33 000 stations de surveillance réparties dans près de 20 000 lieux à travers le globe.

Origine de la pollution

La dégradation de la qualité de l’air à Toronto est directement liée à la fumée des feux de forêt qui sévissent dans le nord-ouest de l’Ontario. Ces incendies, d’origine naturelle ou parfois aggravés par l’activité humaine, libèrent dans l’atmosphère une quantité importante de particules fines et d’autres polluants. Environnement Canada, l’agence gouvernementale responsable de la protection de l’environnement au Canada, a émis une alerte spécifique pour le sud de l’Ontario en raison de cette pollution. Les autorités prévoient que la mauvaise qualité de l’air pourrait persister jusqu’à jeudi dans certaines zones. Les particules fines en suspension dans l’air peuvent provenir de sources très variées : émissions industrielles, trafic routier, chauffage domestique, ou encore feux de forêt. Leur concentration dans l’air dépend des conditions météorologiques, comme le vent, qui peut les disperser ou les concentrer dans certaines régions.

Risques pour la santé

La qualité de l’air à Toronto a été évaluée à un niveau de risque très élevé pour la santé, avec une cote air santé (CAS) de 10+, selon les critères canadiens. Cette cote indique que la population est exposée à des risques importants de problèmes respiratoires et cardiovasculaires. Les symptômes les plus fréquents incluent une irritation des yeux, du nez et de la gorge, des douleurs à la poitrine ou une toux sévère. Environnement Canada recommande de limiter le temps passé à l’extérieur, surtout pour les personnes vulnérables comme les enfants, les personnes âgées ou celles souffrant de maladies respiratoires ou cardiovasculaires. Pour les activités sportives ou les événements en plein air, il est conseillé de les réduire ou de les réorganiser. À l’intérieur, il est recommandé de garder les portes et fenêtres fermées et d’utiliser un filtre à air pour limiter l’exposition aux particules fines.

Mesures de protection

Pour se protéger de la pollution de l’air, Environnement Canada conseille le port d’un masque respiratoire de type N95 à l’extérieur. Ce masque, plus efficace qu’un masque chirurgical, filtre au moins 95 % des particules fines de taille inférieure à 0,3 micromètre. Il est particulièrement utile en cas de forte concentration de PM2,5. À l’intérieur, il est recommandé de maintenir les fenêtres fermées et d’utiliser un purificateur d’air équipé d’un filtre HEPA, capable de capturer les particules fines. En cas de chaleur extrême combinée à une mauvaise qualité de l’air, la priorité est de rester au frais, par exemple en utilisant un ventilateur ou un climatiseur. Les autorités rappellent que ces mesures sont temporaires et visent à réduire l’exposition aux polluants jusqu’à ce que la situation s’améliore.

Ce que ça pourrait changer

Les feux de forêt dans le nord-ouest de l’Ontario ont également entraîné des évacuations massives de plusieurs communautés autochtones. Les habitants de la Première Nation de Gull Bay sont évacués par avion vers Toronto dès mercredi. D’autres communautés, comme Armstrong, Whitesand, Collins, Lac des Mille Lacs et Lac La Croix, font également l’objet d’évacuations obligatoires. Les évacués reçoivent des cartes cadeaux pour leurs repas, une mesure d’aide immédiate pour faciliter leur installation temporaire dans la ville. Ces déplacements s’inscrivent dans un contexte de crise environnementale, où les feux de forêt menacent à la fois les habitations et la santé des populations locales. Les autorités locales et provinciales coordonnent ces opérations pour assurer la sécurité des résidents.

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