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Environnement

Agriculture biologique : la consommation et la production en hausse… mais encore loin des objectifs

Vert.eco · mis à jour 23 sept.

Depuis le début de l’année, les Français·es achètent davantage de bio dans les magasins spécialisés et dans les grandes surfaces. Ce mercredi, l’Agence bio a annoncé une hausse de 4,8% de la consommation sur toutes les filières..

Hausse des ventes bio

En 2026, la consommation de produits issus de l’agriculture biologique en France a augmenté de 4,8 % sur les six premiers mois, selon l’Agence bio, un organisme public chargé de promouvoir ce mode de production. Cette progression concerne toutes les filières, c’est-à-dire l’ensemble des types de produits (fruits, légumes, céréales, viande, etc.). Les ventes en magasins spécialisés ont même progressé de 9,3 %, tandis que celles en grande distribution ont augmenté de 2 %. Cette hausse marque un rebond après plusieurs années difficiles, notamment en 2022, où la crise inflationniste avait fait chuter les ventes de 15 %. Les prix des produits conventionnels, c’est-à-dire issus de l’agriculture intensive utilisant des engrais et pesticides de synthèse, se sont rapprochés de ceux du bio, ce qui a pu faciliter cette reprise. Les distributeurs et transformateurs ont également remis en avant les produits bio dans leurs rayons, facilitant leur accessibilité pour les consommateurs.

Objectifs non atteints

Malgré cette progression encourageante, l’agriculture biologique reste loin des objectifs fixés par la loi française. Actuellement, elle représente environ 10 % des surfaces agricoles en France, alors que la loi vise 21 % d’ici 2030. De même, les produits bio ne représentent que 6 % de la consommation à domicile des Français, contre 6 % également dans les 85 000 cantines scolaires (l’objectif étant 20 % en 2030) et seulement 1 % dans les restaurants. L’Agence bio souligne que ces chiffres sont encore insuffisants pour répondre aux enjeux écologiques et climatiques actuels. La loi EGalim, adoptée en 2018, prévoit notamment d’augmenter la part de bio dans les cantines, mais les résultats restent très en deçà des attentes.

Reprise timide de la production

Côté production, la dynamique est positive mais encore fragile. Après trois années de recul, les surfaces agricoles bio ont commencé à augmenter à nouveau en 2026. Le nombre de fermes en bio a progressé de 14 % entre janvier et août 2026 par rapport à la même période en 2025, tandis que les arrêts d’activité ont diminué de 13 %. Cela se traduit par un solde positif de 687 nouveaux producteurs, notamment dans l’élevage de brebis, le maraîchage et la production de fruits. Cependant, Bruno Martel, président de l’Agence bio, précise que cette reprise est encore un « balbutiement » et non un nouvel élan. Les agriculteurs bio restent vulnérables, comme en témoigne l’été 2026, marqué par des conditions climatiques extrêmes (canicules, sécheresses) qui ont affecté leur activité, avec des baisses de chiffre d’affaires pouvant atteindre 50 % pour certains maraîchers.

Rôle des acteurs clés

Plusieurs acteurs jouent un rôle central dans cette dynamique. L’Agence bio, organisme public, est chargée de promouvoir l’agriculture biologique et de suivre les objectifs fixés par l’État. Bruno Martel, son président, souligne que la reprise de la consommation redonne de l’espoir aux agriculteurs, car elle leur permet de croire en un modèle économique viable. Les distributeurs, notamment en grande distribution, sont également des leviers majeurs : l’Agence bio estime qu’il faudrait réserver au moins 10 % des rayons aux produits bio pour faciliter leur accès. Enfin, les transformateurs, qui transforment les matières premières bio en produits finis, ont un rôle à jouer en remettant en avant ces produits dans leurs gammes.

Ce que ça pourrait changer

L’agriculture biologique est présentée comme une solution face à plusieurs enjeux majeurs : la souveraineté alimentaire, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la protection de la biodiversité et la lutte contre les maladies liées à l’agriculture intensive. Cependant, les agriculteurs bio subissent aussi les conséquences du changement climatique, comme en témoigne l’été 2026, où les canicules et les sécheresses ont fortement impacté leurs récoltes. Malgré ces défis, l’Agence bio reste optimiste, car la reprise de la consommation et de la production montre que le modèle bio peut être une alternative durable. Les chiffres définitifs pour 2026, notamment sur les surfaces et les cessations d’activité, seront publiés plus tard dans l’année pour évaluer l’ampleur réelle de cette reprise.

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