Trump peut-il faire basculer la campagne au Brésil ?
Pour l'heure, les tarifs douaniers et les menaces de la Maison-Blanche semblent renforcer la campagne de Lula plutôt que de la fragiliser. L’article Trump peut-il faire basculer la campagne au Brésil ? est apparu en premier sur Le Grand Continent..
Les élections générales d'octobre 2026 au Brésil doivent renouveler le mandat du président et des élus du Congrès national. Le président sortant Lula est en tête des sondages avec environ 40 % d'intentions de vote, devant son principal adversaire Flávio Bolsonaro, qui en recueille environ 33 %. Cette avance de 7 points place Lula comme favori, malgré un contexte politique tendu. Flávio Bolsonaro, fils de l'ancien président Jair Bolsonaro, n'a pas encore bénéficié du soutien d'autres dirigeants étrangers, comme le président argentin Javier Milei ou le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, qui avaient pourtant affiché leur préférence pour lui. La campagne s'annonce serrée, avec une particularité : la moitié des électeurs déclarent ne jamais vouloir voter pour Lula, quel que soit son adversaire, et une part similaire exclut de voter pour Flávio Bolsonaro.
Donald Trump, ancien président des États-Unis, n'a pas explicitement appelé à voter pour Flávio Bolsonaro, mais son influence potentielle sur la campagne brésilienne est scrutée. Les proches de Jair Bolsonaro, actuellement assigné à résidence pour avoir tenté un coup d'État après sa défaite en 2022, cherchent activement à obtenir le soutien de Trump. Eduardo Bolsonaro, frère de Flávio, s'est installé aux États-Unis en 2025 après avoir rejoint en 2017 The Movement, une organisation créée par Steve Bannon. Cette structure rassemble des mouvements souverainistes européens et américains. Bien que Trump n'ait pas encore pris position officiellement, son soutien pourrait renforcer la campagne de Flávio Bolsonaro, surtout si les tarifs douaniers américains contre le Brésil se maintiennent ou s'aggravent.
Depuis le 22 juillet 2026, les États-Unis appliquent des droits de douane supplémentaires de 25 % sur de nombreux produits brésiliens. Cette mesure place le Brésil comme la deuxième grande économie la plus taxée par Washington, après la Chine. Paradoxalement, ces sanctions semblent renforcer la campagne de Lula plutôt que de l'affaiblir. Lors d'un congrès du Parti des travailleurs début août, le président du parti, Edinho Silva, a présenté l'élection comme un choix entre un « Brésil autoritaire qui se vend » et un « Brésil souverain qui défend ses intérêts ». Cette rhétorique met en avant la défense de la souveraineté nationale face aux pressions étrangères, un thème qui pourrait rallier une partie de l'électorat.
Lula, qui brigue un quatrième mandat, a lui-même été condamné pour corruption en 2017 avant que ses condamnations ne soient annulées par la Cour suprême en 2021. Cependant, une enquête récente vise l'un de ses fils pour trafic d'influence et corruption, ce qui pourrait peser sur sa campagne. Flávio Bolsonaro, quant à lui, hérite du passé controversé de son père, Jair Bolsonaro, dont les actions après sa défaite en 2022 ont été jugées illégales. Malgré ces éléments, Lula reste en tête des sondages, en partie grâce à son image de dernier dirigeant de gauche à résister à l'effet domino que connaît l'Amérique latine depuis 2025. Depuis l'élection de Trump en novembre 2024, sept présidents proches ou alignés sur les États-Unis ont été élus ou réélus dans la région.
Les débats de la campagne électorale brésilienne de 2026 devraient être dominés par plusieurs sujets clés : l'économie, la santé, la sécurité et la lutte contre les gangs. Ces thèmes sont cruciaux pour les électeurs, qui les considèrent comme prioritaires. Le Parti des travailleurs, dirigé par Lula, met en avant la défense d'un Brésil souverain face aux pressions internationales, tandis que Flávio Bolsonaro et ses soutiens misent sur une ligne plus autoritaire et alignée sur les États-Unis. La polarisation entre les deux camps est forte, avec une partie de l'électorat qui refuse catégoriquement de voter pour l'un ou l'autre des candidats, ce qui pourrait compliquer la victoire de l'un d'eux au second tour.

