Québec, «ville de l’auto»
Le vélo gagne de plus en plus d’adeptes à Québec, même en hiver..
En cinq ans, le nombre de cyclistes à Québec pendant l’hiver a plus que triplé, passant de 6 000 en 2020 à 19 000 en 2025. Cette augmentation spectaculaire est directement liée à l’amélioration du réseau cyclable hivernal, appelé réseau blanc, qui désigne les pistes cyclables déneigées ou damées pour permettre une circulation sécuritaire en saison froide. En 2020-2021, seulement 30 km de ce réseau étaient accessibles, soit moins de 10 % du réseau total. En 2024-2025, cette longueur a été multipliée par 4,5, atteignant 136 km. Malgré cette croissance, l’engouement pour le vélo hivernal reste inférieur à celui de la haute saison, où 223 000 cyclistes ont été recensés en 2025. Cette tendance illustre un changement des habitudes de mobilité dans la capitale québécoise, où la pratique du vélo toute l’année devient de plus en plus courante.
Depuis l’élection de Bruno Marchand comme maire de Québec en 2021, le budget consacré au développement du vélo a été multiplié par six. En 2025, la ville a investi 40 $ par habitant dans les infrastructures cyclables, un montant qui place Québec en tête des villes québécoises pour ses dépenses par habitant dans ce domaine. Ces investissements ont permis la création de corridors VivaCité (CVC), des artères cyclables sécurisées inspirées du Réseau express vélo de Montréal, ainsi que le service de location de vélos électriques en libre-service àVélo. Les CVC ont enregistré une augmentation de 32 % du nombre de cyclistes par rapport aux autres pistes cyclables. Le service àVélo a connu une croissance encore plus marquée : en cinq ans, le nombre de déplacements a été multiplié par près de 70, et le nombre d’adeptes par plus de 8, atteignant près de deux millions de déplacements en 2025.
Le parc de bicyclettes à Québec s’électrifie rapidement. En 2025, 72 % des ménages possèdent au moins un vélo, pour un total de 441 000 vélos, dont 116 000 pour les enfants et 335 000 pour les adultes. Parmi ces vélos, 18 % sont électriques, une proportion qui a triplé depuis 2020. En 2025, 46 % des 32 000 vélos achetés dans la capitale étaient des vélos à assistance électrique, reflétant une demande croissante pour ce type de mobilité. Cette électrification facilite les déplacements, surtout en hiver ou sur de longues distances, et contribue à rendre le vélo plus attractif comme alternative à la voiture.
Selon Vélo Québec, 45 % des travailleurs de Québec habitent à moins de 5 km de leur lieu de travail, un trajet d’environ 25 minutes à vélo classique. L’organisme estime que 17 % des trajets motorisés pourraient être remplacés par un vélo classique, et jusqu’à 42 % si un vélo-cargo à assistance électrique est utilisé. Ces chiffres placent Québec parmi les grandes villes québécoises avec le plus grand potentiel pour réduire l’usage de la voiture. En 2025, seulement 2,4 % des déplacements dans la ville se faisaient à vélo, une augmentation de 50 % en six ans, mais bien en dessous des 4,1 % observés à Montréal en 2023. Cette marge de progression montre que le vélo pourrait jouer un rôle plus important dans les déplacements quotidiens.
Bruno Marchand, maire de Québec et cycliste convaincu, a joué un rôle central dans cette transformation. Dès son élection en 2021, il a fait de la promotion du vélo une priorité, multipliant les investissements et les infrastructures. Son administration a notamment développé le *réseau blanc*, les *corridors VivaCité* et le service *àVélo*, des projets qui ont contribué à la hausse du nombre de cyclistes. Son engagement personnel, comme en témoigne son utilisation quotidienne du vélo, a aussi influencé la politique municipale. Ces mesures s’inscrivent dans une vision plus large de Québec comme ville plus verte et moins dépendante de l’automobile.

