NapseflowNapseflow
Géopolitique

En Russie, la pénurie de carburant est la “nouvelle normalité en temps de guerre”

Courrier International · mis à jour il y a 17 j

Pour le deuxième mois d’affilée, “Monocle” consacre sa couverture aux ratés du marché des carburants en Russie. Le magazine économique ne promet pas de sortie rapide et présente les difficultés de l’arrière comme le prix à payer pour la guerre en Ukraine..

Pénurie généralisée

En Russie, la pénurie de carburant s'est étendue à 76 régions sur 98 à la mi-août 2026, selon l'application Gde benz ? (Où est l'essence ? en russe), qui recense les stations-service approvisionnées. Seules 28 % des stations référencées disposaient d'essence, avec des disparités régionales marquées : à Moscou, le taux est passé de 53 % à 20 % en quelques semaines. L'essence IA-95, un carburant premium, est particulièrement touchée. Cette situation est décrite comme la nouvelle normalité en temps de guerre par l'hebdomadaire économique russe Monocle, qui souligne l'absence de solution rapide. Le vice-Premier ministre russe, Alexandre Novak, évoque une deuxième phase de tension sur le marché, confirmant la gravité de la crise.

Causes multiples

La pénurie s'explique par plusieurs facteurs. D'abord, les attaques de drones ukrainiens ciblent désormais des infrastructures de raffinerie, difficiles à réparer rapidement en raison de sanctions limitant l'accès à certaines pièces importées. Ensuite, la demande a augmenté avec les départs en vacances et les récoltes agricoles, mais cela n'explique qu'en partie la crise. Dmitry Prokofiev, expert chez Neft Research, parle d'un déséquilibre systémique apparu dès juin 2026, aggravé par des retards dans les réparations. Vladimir Poutine a reconnu, lors du Forum économique oriental à Vladivostok le 3 septembre 2026, que les autorités n'étaient pas préparées à cette succession d'attaques, déclarant : « Nous devons être prêts à tout. »

Restrictions locales

Pour gérer la pénurie, certaines villes russes imposent des restrictions d'accès au carburant. Par exemple, à Lipetsk, Orenbourg ou Kalouga, les conducteurs ne peuvent se ravitailler que certains jours, déterminés par leur numéro de plaque d'immatriculation. Dans le kraï de Transbaïkalie, le quota est limité à 15 litres par voiture. Ces mesures visent à répartir équitablement les ressources, mais elles créent des files d'attente et des tensions. L'application Gde benz ? permet aux utilisateurs de localiser les stations encore approvisionnées, mais la situation reste très tendue, notamment pour les carburants premium comme l'IA-95.

Solutions limitées

La Russie tente de compenser la pénurie par des importations de carburant en provenance de Biélorussie, d'Inde, du Maroc, de Singapour et de Turquie. Cependant, Monocle souligne que ces importations restent coûteuses et insuffisantes en volume pour résoudre la crise. Une autre piste est à l'étude : transformer du pétrole russe dans les raffineries du Kazakhstan, un projet encore au stade exploratoire. Le magazine espère un répit en septembre 2026, tandis que d'autres experts, plus sceptiques, prévoient une amélioration seulement en octobre. Les autorités russes, conscientes de la difficulté, misent sur des solutions temporaires en attendant une stabilisation du marché.

Ce que ça pourrait changer

Malgré la crise, les autorités russes insistent sur la nécessité de maintenir un approvisionnement suffisant pour les troupes engagées dans le conflit en Ukraine. *Monocle* cite un éditorial qui invite les civils à *« supporter les désagréments de l'arrière »*, car *« l'essentiel est qu'il y ait assez de carburant au front »*. Cette priorisation reflète la stratégie russe de guerre économique, où les ressources sont d'abord allouées aux besoins militaires. La pénurie actuelle illustre ainsi les tensions entre les impératifs de la guerre et les besoins de la population civile, dans un contexte où les infrastructures énergétiques sont de plus en plus ciblées.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.