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GÉOPOLITIQUE

En Russie, la pénurie de carburant est la “nouvelle normalité en temps de guerre”

Source unique·il y a 17 j

La Russie fait face à une pénurie généralisée de carburant, présentée par les médias proches du pouvoir comme une « nouvelle normalité en temps de guerre ». Derrière cette crise, qui touche désormais 76 régions sur 98, se cachent des dysfonctionnements structurels aggravés par des frappes ukrainiennes ciblant les infrastructures énergétiques. Cette situation interroge la résilience d’un système économique déjà fragilisé par des années de sanctions et de tensions géopolitiques.

Quelles sont les causes immédiates de la pénurie d’essence en Russie ?

La pénurie s’explique par un déséquilibre systémique apparu dès juin, selon des experts, et par des frappes ukrainiennes répétées contre des raffineries, dont les réparations sont ralenties par des difficultés logistiques et des sanctions sur certaines pièces importées. Les pics de demande, comme les départs en vacances ou les récoltes agricoles, n’expliquent qu’en partie cette rechute.

Quelles mesures les autorités russes tentent-elles pour atténuer la crise ?

Moscou mise sur des importations de carburant en provenance de Biélorussie, d’Inde, du Maroc, de Singapour et de Turquie, mais ces approvisionnements restent insuffisants en volume et coûteux. Une piste envisagée est la transformation de pétrole russe dans des raffineries kazakhes, bien que cette solution ne soit encore qu’à l’étude.

Comment les autorités russes justifient-elles cette situation aux citoyens ?

Les médias proches du pouvoir, comme l’hebdomadaire Monocle, présentent la pénurie comme une « nouvelle normalité en temps de guerre » et invitent la population à « supporter les désagréments de l’arrière », en soulignant que l’essentiel est d’assurer l’approvisionnement du front. Vladimir Poutine a également appelé à se « préparer à tout », sans préciser de mesures concrètes pour y remédier.

Quelles sont les conséquences pratiques de cette pénurie pour les automobilistes ?

Dans certaines régions comme le kraï de Transbaïkalie, les conducteurs sont limités à 15 litres par voiture, et dans d’autres zones, le ravitaillement est conditionné par le numéro de plaque d’immatriculation. À Moscou, la proportion de stations-service approvisionnées est tombée à 20 % fin août, contre 53 % quelques semaines plus tôt.

Ce que ça pourrait changer

Cette crise énergétique pourrait aggraver les tensions sociales en Russie, où la population subit déjà les effets des sanctions et de l’inflation. À plus long terme, elle risque de fragiliser la capacité industrielle du pays, déjà affectée par les frappes sur les infrastructures critiques. Les autorités, en normalisant la pénurie, pourraient aussi chercher à détourner l’attention des difficultés économiques structurelles.

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