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Produits laitiers américains : une percée chez les détaillants canadiens se dessine

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 11 j

L’entente avec Washington prévoit une modification du mode d'attribution des permis d’importation..

Changement des permis d'importation

Une entente potentielle entre le Canada et les États-Unis pourrait modifier la façon dont les produits laitiers américains accèdent au marché canadien. Actuellement, les permis d'importation sont principalement attribués à des transformateurs canadiens, ce qui limite l'arrivée de produits américains dans les épiceries. Selon une source de l'industrie citée par CBC, le gouvernement canadien envisagerait de permettre aux détaillants canadiens d'obtenir directement ces permis. Cette modification ne signifierait pas une augmentation des volumes autorisés à entrer au Canada, mais plutôt un changement dans la répartition des accès déjà accordés. Par exemple, un détaillant pourrait importer directement du fromage ou du beurre américain, sans passer par un intermédiaire canadien. Cette mesure vise à répondre à une demande des États-Unis, qui critiquent depuis des années le système actuel d'allocation des quotas.

Gestion de l'offre en question

La gestion de l'offre est un système canadien qui contrôle la production et les prix des produits laitiers, des œufs et de la volaille pour protéger les producteurs locaux. Ce mécanisme limite les importations et fixe des quotas pour éviter une concurrence trop forte des produits étrangers. Depuis l'entrée en vigueur de l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) en 2020, le Canada a accordé aux États-Unis un accès représentant environ 3,6 % de la production laitière canadienne. Cependant, Washington reproche à Ottawa son système d'attribution des permis, jugé trop restrictif. Les Américains estiment que les transformateurs canadiens, qui reçoivent la majorité des quotas, n'utilisent pas ces droits pour importer des produits américains. Ils soulignent aussi que l'Europe permet déjà aux détaillants canadiens d'obtenir des permis pour importer du fromage, une différence qu'ils jugent discriminatoire.

Utilisation inégale des quotas

Les quotas d'importation accordés aux États-Unis ne sont pas tous utilisés de la même manière. Par exemple, en 2024-2025, seulement 17 % du volume de lait permis a été importé, tandis que 98 % du contingent alloué au fromage a été utilisé. Pour le beurre et la poudre de crème, le taux atteint 94 %. Cette disparité s'explique par la demande variable des consommateurs canadiens. Certains produits, comme la poudre de lait écrémé, sont déjà abondamment produits au Canada, ce qui rend les importations inutiles. À l'inverse, des produits comme le fromage ou le beurre américains sont très demandés. Une nouvelle répartition des droits d'importation pourrait donc augmenter les importations de certains produits, mais pas de tous. Par exemple, il est peu probable que les Canadiens se mettent soudainement à acheter du lait américain en grande quantité.

Réactions des producteurs laitiers

Les producteurs laitiers canadiens, notamment au Québec, s'inquiètent des négociations en cours. Ils craignent que l'ouverture du marché à plus de produits américains ne menace leur part de marché, déjà réduite par des ouvertures précédentes. Le gouvernement canadien a déjà compensé financièrement les producteurs pour ces pertes, mais les montants exacts ne sont pas précisés dans l'article. Certains experts, comme Sylvain Charlebois de l'Université Dalhousie, estiment que ces négociations pourraient relancer le débat sur l'avenir de la gestion de l'offre. Critique de ce système, il suggère qu'il est temps d'envisager une réforme pour s'adapter aux nouvelles réalités commerciales. Pour l'instant, Ottawa n'a pas communiqué clairement avec les producteurs, ce qui ajoute à leur nervosité.

Ce que ça pourrait changer

Même si une entente est trouvée sur les permis d'importation, les États-Unis pourraient revenir à la charge dans les années à venir. Selon Maurice Doyon de l'Université Laval, une fois que Washington aura obtenu satisfaction sur ce point, il est probable qu'il demande un accès supplémentaire au marché canadien. Jaime Castaneda, représentant des producteurs laitiers américains, a d'ailleurs déclaré qu'il aimerait voir les États-Unis obtenir au moins 10 % du marché canadien. Cependant, il précise que ce n'est pas la demande actuelle de Washington. Les États-Unis se contenteraient pour l'instant de pouvoir utiliser pleinement les quotas déjà accordés en 2020. Cette situation illustre la pression constante exercée par les États-Unis pour ouvrir davantage le marché canadien aux produits agricoles américains.

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