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Géopolitique

“Nous sommes terrifiés” : en RDC, l’épidémie d’Ebola devient hors de contrôle

Courrier International · mis à jour il y a 20 j

Alors que la maladie continue de se propager en République démocratique du Congo, “The Economist” s’inquiète du caractère “incontrôlable” de son expansion, notamment vers le Soudan du Sud. Au manque chronique de moyens s’ajoutent des grèves du personnel soignant qui proteste contre le non-paiement des salaires..

Épidémie d'Ebola en RDC

En République démocratique du Congo (RDC), une épidémie de la maladie à virus Ebola s’est déclarée le 15 mai 2026 dans la province d’Ituri, située à l’est du pays. Le virus Ebola est une maladie très contagieuse et souvent mortelle, transmise par contact avec les fluides corporels d’une personne ou d’un animal infecté. Les symptômes incluent fièvre, vomissements et saignements internes. Au 11 juillet 2026, la RDC avait recensé 1 830 cas d’infection, dont plus de 90 % en Ituri, et 648 décès. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a qualifié cette épidémie d’urgence de santé publique dès le 17 mai 2026, en raison de sa propagation rapide et de son caractère hors de contrôle.

Manque de moyens

Les autorités sanitaires congolaises peinent à contenir l’épidémie en raison d’un manque criant de moyens. Moïse Bulabantu, un infirmier de 38 ans travaillant dans un dispensaire de Bunia, en Ituri, illustre cette situation. Il est le seul agent de santé publique pour plus de 40 000 habitants et ne dispose que de gants pour se protéger, sans équipements adaptés comme des combinaisons ou des masques. Les pouvoirs publics n’ont toujours pas fourni le matériel nécessaire, malgré les demandes répétées des soignants. Cette pénurie aggrave la propagation du virus, car les professionnels de santé ne peuvent pas se protéger efficacement et risquent de contaminer d’autres patients.

Retard dans l'action

L’épidémie s’est propagée pendant au moins six semaines avant que le gouvernement congolais ne la déclare officiellement le 15 mai 2026. Ce délai a permis au virus de se répandre davantage, rendant la situation plus difficile à maîtriser. Le 9 juillet 2026, les autorités ont reconnu que la maladie avait atteint deux nouvelles provinces, en plus d’Ituri. Ce retard dans la réponse est un facteur clé de l’aggravation de la crise. Les experts soulignent que des actions rapides et une coordination efficace sont essentielles pour limiter la propagation des maladies infectieuses comme Ebola.

Rôle de l'OMS

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) joue un rôle central dans la gestion de cette épidémie. Dès le 17 mai 2026, elle a classé l’épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale, ce qui permet de mobiliser des ressources supplémentaires et de coordonner les efforts à l’échelle mondiale. L’OMS soutient les autorités locales en fournissant des conseils techniques, des équipements et en aidant à former les soignants. Cependant, malgré ces efforts, la propagation du virus continue, en partie à cause des lacunes dans les systèmes de santé locaux et des défis logistiques en RDC.

Ce que ça pourrait changer

La province d’Ituri, où l’épidémie est la plus concentrée, est située dans l’est de la RDC, une région marquée par des conflits armés et des déplacements massifs de populations. Ces conditions rendent la lutte contre Ebola particulièrement complexe, car les populations déplacées sont souvent vulnérables et difficiles à atteindre. Le camp de déplacés de Kigonze, mentionné dans l’article, illustre cette situation. Les déplacements de population favorisent la propagation du virus, car les personnes infectées peuvent transporter la maladie vers de nouvelles zones.

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