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Sciences

Des chercheurs américains ont créé un implant cérébral qui traduit la parole et les gestes en temps réel

Science & Vie · mis à jour 18 sept.

Des patients paralysés ont pu parler et faire des gestes en même temps grâce à un implant cérébral. Leurs phrases s'affichent en texte à l'écran pendant qu'un avatar reproduit leurs mouvements, en quelques secondes..

Un implant révolutionnaire

Des chercheurs américains ont développé un implant cérébral capable de traduire en temps réel les pensées en paroles et en gestes. Cet appareil, encore expérimental, fonctionne grâce à des électrodes placées directement dans le cerveau, qui captent les signaux électriques émis par les neurones lors de l'activité cérébrale liée à la parole ou aux mouvements. Les signaux sont ensuite analysés par un algorithme d'intelligence artificielle (IA), qui les convertit en texte ou en commandes pour des dispositifs externes. Cette technologie pourrait révolutionner la communication pour les personnes atteintes de troubles moteurs graves, comme la sclérose latérale amyotrophique (SLA) ou les paralysies sévères, en leur offrant une nouvelle façon d'interagir avec leur environnement.

Fonctionnement en temps réel

L'implant se distingue par sa capacité à traiter les informations in vivo, c'est-à-dire directement dans le cerveau, sans nécessiter de phase d'apprentissage prolongée pour l'utilisateur. Selon les données disponibles, le système affiche un délai de traitement inférieur à 50 millisecondes, ce qui permet une traduction quasi instantanée des intentions de l'utilisateur. Les chercheurs précisent que l'algorithme d'IA a été entraîné sur des milliers d'heures d'enregistrements cérébraux, afin de reconnaître avec précision les motifs de signaux associés à des mots ou à des mouvements spécifiques. Cette approche s'appuie sur des techniques de machine learning (apprentissage automatique), où la machine améliore ses performances en analysant des données existantes.

Applications médicales immédiates

Les premières applications envisagées concernent les patients incapables de parler ou de bouger, comme ceux atteints de maladies neurodégénératives ou de lésions médullaires. Par exemple, une personne paralysée pourrait utiliser cet implant pour composer un message sur un écran, contrôler un fauteuil roulant par la pensée, ou même restaurer une forme de communication verbale via un synthétiseur vocal. Les chercheurs soulignent que cette technologie pourrait également aider les personnes souffrant d'aphasie (perte partielle ou totale de la capacité à parler) à retrouver une autonomie dans leur expression. Les essais cliniques, encore en phase préliminaire, impliquent une dizaine de patients aux États-Unis.

Défis technologiques

Malgré ses avancées prometteuses, l'implant cérébral fait face à plusieurs obstacles. D'abord, la précision de la traduction dépend de la qualité des signaux captés, qui peut varier selon l'état de santé du patient ou la position des électrodes. Ensuite, l'intégration de l'implant dans le cerveau pose des questions éthiques et médicales, notamment sur les risques d'infection ou de rejet par le tissu cérébral. Enfin, le coût de cette technologie, estimé à plusieurs dizaines de milliers d'euros par patient, limite pour l'instant son accessibilité. Les chercheurs travaillent également à réduire la taille de l'implant et à améliorer sa durabilité, actuellement estimée à quelques années.

Ce que ça pourrait changer

À plus long terme, cette innovation pourrait ouvrir la voie à des interfaces cerveau-machine encore plus sophistiquées, comme le contrôle direct d'objets connectés (domotique, ordinateurs) ou la restauration de fonctions motrices perdues. Les scientifiques envisagent également d'étendre cette technologie à d'autres domaines, comme la réalité virtuelle ou augmentée, où les utilisateurs pourraient interagir avec leur environnement par la pensée. Cependant, des questions réglementaires et sociales devront être résolues avant une adoption généralisée. Aux États-Unis, la *Food and Drug Administration* (FDA) suit de près ces développements, mais aucune date de commercialisation n'a encore été annoncée.

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