Ni réfrigérateur, ni ventilateur: comment le Pakistan tente de survivre aux chaleurs extrêmes
Avec un accès limité à l'électricité, de nombreuses familles de Nasirabad, dans la province du Baloutchistan, n'ont pratiquement rien pour se protéger contre des températures pouvant atteindre 50°C..
Dans la province du Baloutchistan, au Pakistan, les températures peuvent atteindre 50°C à l'ombre pendant les vagues de chaleur. La ville de Nasirabad, située à environ 40 kilomètres de Turbat, est particulièrement touchée. Les habitants y vivent dans des maisons en terre crue, sans accès régulier à l'électricité. Les familles n'ont souvent ni réfrigérateur ni ventilateur pour se protéger de la chaleur étouffante. Cette situation illustre les conséquences locales du changement climatique, qui touche l'Asie près de deux fois plus vite que le reste du monde, selon l'Organisation météorologique mondiale (OMM). En 2025, l'OMM avait déjà signalé que le continent asiatique se réchauffait à un rythme accéléré, aggravant les conditions de vie des populations les plus vulnérables.
Face à l'absence d'électricité, les habitants de Nasirabad dépendent de la glace pour survivre aux températures extrêmes. Chaque matin, une file d'attente se forme devant l'usine locale de production de glace, où les ouvriers vendent 400 blocs de glace produits chaque nuit. Taimoor, un enfant de 12 ans, explique que rapporter de la glace est une tâche essentielle pour sa famille : sans elle, l'eau devient imbuvable et la chaleur insupportable. Une habitante de la région décrit des journées passées dans la chaleur et l'étouffement, sans électricité pour faire fonctionner un ventilateur. Le propriétaire de l'usine, Mohammad Haider, souligne son impuissance lorsque la glace vient à manquer avant que tous n'aient pu en acheter.
Les habitants de Nasirabad utilisent des solutions improvisées pour faire face à la chaleur. Les plus aisés se sont équipés de panneaux solaires, mais ces installations restent inaccessibles pour la majorité en raison de leur coût élevé, notamment l'absence de batteries pour stocker l'énergie. Les familles partagent parfois des réfrigérateurs entre voisins ou dorment à la belle étoile la nuit pour échapper à la chaleur étouffante dans leurs petites habitations. Le Pakistan occupe la 147ᵉ place de l'indice de résilience des pays face au changement climatique, ce qui souligne le besoin urgent d'investissements et d'innovations technologiques pour s'adapter aux températures croissantes.
Les autorités pakistanaises ont mis en place des plans de lutte contre les vagues de chaleur, comme des recommandations pour éviter l'exposition au soleil, bien s'hydrater et utiliser l'eau avec parcimonie. Elles ont également conseillé aux agriculteurs d'adapter leurs activités et de protéger leur bétail. Cependant, sur le terrain à Nasirabad, les habitants estiment que ces mesures restent insuffisantes et que la priorité est de compter sur eux-mêmes. En mai 2026, le service météorologique pakistanais avait déjà alerté sur des températures frôlant les 50°C dans la région de Turbat. Malgré ces alertes, les solutions locales comme la glace ou les panneaux solaires sans batteries restent les principales protections disponibles pour les populations.
Le réchauffement climatique aggrave les conditions de vie dans des régions comme le Baloutchistan, où les températures augmentent plus rapidement que la moyenne mondiale. En 2025, l'OMM avait déjà souligné que l'Asie se réchauffait près de deux fois plus vite que le reste de la planète. Cette accélération se ressent directement à Nasirabad, où les habitants observent une hausse des températures de l'eau, des files d'attente plus longues pour obtenir de la glace et des difficultés croissantes à utiliser des appareils comme les ventilateurs. Ces phénomènes illustrent les défis posés par le changement climatique, notamment pour les populations les plus exposées et les moins équipées pour s'y adapter.

