Une femme de 83 ans envoie valser les millions d’un géant de la tech : il voulait ses terres pour construire un data center
Une femme de 83 ans a refusé les 26 milions de dollars qu’un géant de la tech lui offrait pour mettre la main sur ses terres. Son objectif : construire un gigantesque centre de données..
En octobre 2026, dans la petite ville de Maysville (Kentucky, États-Unis), une femme de 83 ans, Ida Huddleston, et sa fille Delsia Bare, 54 ans, ont refusé une offre de 26,48 millions de dollars pour leurs 215 hectares de terres familiales. Cette somme, dix fois supérieure à la valeur réelle du marché local, leur était proposée par un intermédiaire agissant pour le compte d’un géant de la technologie, identifié comme Meta. Les deux femmes ont immédiatement rejeté l’offre après avoir compris que les terres étaient destinées à la construction d’un data center (centre de données) géant de 2,2 gigawatts. Leur refus a été catégorique : « Ramasse tes clics et tes claques et ne reviens jamais », a déclaré Delsia Bare. Pour Ida Huddleston, l’argent ne remplace pas la tranquillité : « Même si j’avais 26 millions de dollars, je voudrais juste être assise ici dans mon fauteuil, boire mon café et manger là où j’ai toujours mangé. On ne fait pas pousser de la nourriture avec un data center. »
Le projet de data center proposé par le géant de la tech promet des retombées économiques majeures pour Maysville, une ville de 8 700 habitants où le revenu médian annuel est de 39 000 dollars. Le promoteur annonce la création de 400 emplois permanents, des centaines d’emplois temporaires dans le secteur du bâtiment, ainsi qu’un investissement de plusieurs dizaines de millions de dollars pour moderniser le réseau d’eau et financer les services publics locaux. Cependant, malgré le refus des Huddleston, le projet devrait s’implanter sur les terrains voisins. L’opacité entourant l’accord, avec l’utilisation systématique de clauses de confidentialité par l’entreprise, a nourri une méfiance généralisée parmi les riverains. Certains habitants, privés d’informations sur les impacts réels du projet, ont même engagé des poursuites judiciaires pour tenter de l’empêcher.
L’affaire des Huddleston illustre un phénomène croissant lié à l’essor de l’intelligence artificielle (IA) : la multiplication des data centers (centres de données), des infrastructures géantes nécessaires pour stocker et traiter les données utilisées par les algorithmes d’IA. Ces centres consomment d’énormes quantités d’électricité et d’eau, notamment pour refroidir les milliers de serveurs qu’ils abritent. Par exemple, un data center de 2,2 gigawatts comme celui prévu à Maysville nécessite une puissance équivalente à celle d’une petite ville. Les riverains subissent également des nuisances sonores constantes, comme en témoignent les habitants de Memphis, où le supercalculateur Colossus de SpaceXAI génère un bruit permanent perturbant leur sommeil. Malgré ces impacts, les projets se multiplient, souvent au mépris des résistances locales.
Le cas des Huddleston met en lumière un conflit récurrent entre les intérêts économiques des géants de la tech et la préservation des modes de vie locaux. Pour les deux femmes, la valeur de leurs terres ne se réduit pas à un prix : elles représentent un héritage familial depuis 1848, un lieu de vie et une source de revenus agricoles. Leur refus de vendre, malgré une offre financière exceptionnelle, reflète une volonté de protéger leur environnement et leur tranquillité. À l’inverse, le promoteur du *data center* mise sur les retombées économiques pour convaincre d’autres propriétaires, souvent moins attachés à leurs terres. Ce conflit soulève des questions sur l’équilibre entre développement technologique et respect des communautés locales, dans un contexte où l’IA et ses infrastructures deviennent omniprésentes.

