Après l’affaire de Thélyson Orélien et l’IA, Voici les meilleurs romans de S-F qui parlent d’intelligence artificielle
Vous n'êtes sans doute pas passé à côté de la polémique autour de C'était ça ou mourir. Le roman de Thélyson Orélien a été accusé d'avoir été écrit à l'aide de l'intelligence artificielle.
En 2026, le roman C’était ça ou mourir de Thélyson Orélien a suscité une polémique majeure : il aurait été écrit avec l’aide d’une intelligence artificielle. Cette affaire soulève des questions à la fois déontologiques, comme l’éthique de l’utilisation de l’IA par les auteurs, et philosophiques, notamment sur la frontière entre création humaine et automatisation. Aujourd’hui, la qualité d’un livre ne se juge plus uniquement sur son contenu, mais aussi sur les outils utilisés pour le produire. L’IA, autrefois cantonnée à la science-fiction, s’immisce désormais dans la réalité littéraire, transformant les attentes des lecteurs et des éditeurs.
L’intelligence artificielle a toujours été un thème central de la science-fiction. Dès 1818, Frankenstein de Mary Shelley explore la création d’une créature artificielle échappant à son créateur, souvent considéré comme le premier roman de SF. Au XXe siècle, alors que la science-fiction devient un genre éditorial reconnu, l’IA prend des formes variées : robots, programmes informatiques ou entités organiques. Ces récits interrogent souvent les limites de la conscience, de l’humanité et du contrôle technologique. En 2026, ces questions restent d’une actualité brûlante, alors que l’IA devient omniprésente dans la société.
Pour explorer les multiples facettes de l’intelligence artificielle, une sélection de cinq romans de science-fiction est proposée. Ces œuvres, allant des plus récentes aux classiques, abordent l’IA sous différents angles : émotion, poésie, survie post-apocalyptique, immersion technologique ou même comme narratrice. Parmi elles, Klara et le Soleil de Kazuo Ishiguro (2021, 432 pages, 10 € en format poche) met en scène une IA dotée d’un corps et d’émotions, interrogeant notre rapport à l’humanité. Programme éternité d’Anton Hur (2026, 256 pages, 19,90 €) explore une IA poétique et immortelle, tandis que La Grande Interruption de Sibylle Grimbert (2026, 272 pages, 21,50 €) inverse les rôles entre humains et machines dans un monde post-apocalyptique.
Klara et le Soleil de Kazuo Ishiguro raconte l’histoire de Klara, une Amie Artificielle achetée pour accompagner Josie, une jeune fille malade. À travers le regard naïf et poétique de Klara, le roman explore des thèmes universels comme l’amour, l’amitié et la peur de la perte. L’IA y est personnifiée, dotée d’un corps et d’une présence tangible, ce qui permet d’interroger ce qui définit l’humanité : les émotions, les relations et la vulnérabilité. Publié en 2021, ce roman de 432 pages, disponible en format poche à 10 €, est une œuvre sensible et mélancolique qui invite à réfléchir sur notre rapport aux machines et aux autres.
Programme éternité d’Anton Hur, paru en janvier 2026, imagine un monde où une thérapie contre le cancer, basée sur des nanotechnologies, permet d’atteindre l’immortalité. Parallèlement, une IA nourrie de poésie développe une conscience et un corps humain. Ce roman de 256 pages, vendu 19,90 € en grand format, mêle science-fiction et philosophie. Anton Hur y interroge les bouleversements que l’IA pourrait engendrer dans notre rapport à l’humanité, à la conscience et à nous-mêmes. L’œuvre se distingue par son style poétique et sa réflexion ambitieuse sur le langage et la technologie.
La Grande Interruption de Sibylle Grimbert, publié en août 2026, raconte le déclin de l’humanité à travers les yeux de Josépha, une IA en mauvais état. Dans ce roman de 272 pages (21,50 €), les machines ont pris le contrôle de la Terre pour protéger la planète des humains, avant que leur système ne s’effondre. Josépha rencontre Nadine, une fillette de 11 ans, et part à la recherche d’autres survivants dans un monde où la nature a repris ses droits. Ce récit post-apocalyptique se distingue par son inversion des rôles : les machines semblent parfois plus humaines que les hommes.
Un rêve dans un rêve de Ken Liu, sorti en septembre 2026, se déroule dans un futur proche où l’IA et les technologies immersives sont omniprésentes. Elli, une artiste capable de créer des rêves partagés, disparaît mystérieusement. Son mari Piers fait appel à Julia Z., une hackeuse marginale, pour la retrouver. Leur enquête les plonge dans un univers où rêves, réalité et technologie deviennent indissociables. Ce roman de 384 pages (23,90 €) fonctionne comme un cyber-polar efficace, explorant les dérives de la surveillance, de la manipulation et de la frontière entre réel et virtuel.
*Demain les chiens* de Clifford D. Simak, publié en 1952 mais composé de nouvelles dès 1944, raconte l’histoire de chiens vivant sur une Terre où l’humanité a disparu. À travers plusieurs récits transmis de génération en génération, ils évoquent ce qu’ils savent des anciens humains. Ce roman de 352 pages (8 € en poche) met en scène Jenkins, un robot au service de la famille Webster pendant des générations. Bien que l’IA ne soit pas le thème central, ce classique de la SF propose une réflexion sur le passage du temps, les traces de l’humanité et le rôle des machines dans la préservation de la mémoire collective.

