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Généraliste

Les immigrants de première génération remplissent les écoles de Québec

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 16 j

L’augmentation des inscriptions dans les écoles de Québec est attribuable aux enfants nés hors du pays..

Immigration et écoles

Entre 2021-2022 et 2025-2026, les écoles publiques de la région de Québec, notamment celles du Centre de services scolaire (CSS) des Découvreurs, ont vu leur nombre d’élèves augmenter principalement grâce aux enfants de première génération issue de l’immigration. Ce centre scolaire, qui couvre des secteurs comme Sainte-Foy ou Cap-Rouge, comptait 15 289 élèves en 2025-2026, dont 4 285 étaient des enfants d’immigrants de première génération. En 2021-2022, ce nombre était de 2 701 sur un total de 13 704 élèves. Ainsi, les élèves non issus de l’immigration ont diminué, passant de 8 837 à 8 470 durant la même période. Au CSS des Découvreurs, les immigrants de première génération représentent près de 100 % de l’augmentation totale des effectifs. Cette tendance se retrouve aussi dans d’autres centres scolaires de la région, comme celui des Navigateurs (99 % de croissance liée à l’immigration) ou des Premières-Seigneuries (86 %).

Profil des élèves immigrants

Les enfants d’immigrants de première génération scolarisés dans la région de Québec proviennent majoritairement de milieux sociaux économiques favorisés, avec 53 % d’entre eux issus de ces milieux en 2025-2026. Près de la moitié (49 %) parle français à la maison, tandis que 14 % viennent de milieux défavorisés. Les langues les plus représentées après le français sont l’arabe (16 %), l’espagnol (8 %) et l’anglais (moins de 3 %). Géographiquement, 60 % de ces élèves sont originaires d’Afrique, 20 % d’Amérique et 14 % d’Europe. Ces données proviennent du ministère de l’Éducation du Québec et concernent la période 2025-2026.

Causes de la hausse

La forte augmentation des inscriptions d’enfants d’immigrants de première génération s’explique par un rebond de l’immigration après la pandémie de COVID-19. En 2020 et 2021, les frontières étaient fermées et les processus d’immigration ralentis, ce qui avait réduit les arrivées au Canada. Dès 2022, avec la réouverture des frontières et la relance économique, le Québec et le Canada ont augmenté les quotas d’immigration pour répondre aux besoins du marché du travail. Cela a inclus une hausse des travailleurs étrangers temporaires, des étudiants étrangers et des demandeurs d’asile, dont beaucoup sont arrivés avec des enfants scolarisés dans le réseau public québécois. Cette reprise a donc directement impacté les effectifs scolaires.

Débat politique

La hausse des effectifs scolaires liée à l’immigration a suscité des réactions politiques. Le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, a attribué la surpopulation dans les écoles de la Capitale-Nationale à une « perte de contrôle totale » sur l’immigration, proposant de réduire les cibles d’immigration permanente à 35 000 nouveaux arrivants par an et de limiter les immigrants temporaires. Ces déclarations ont été critiquées par d’autres partis. Québec solidaire a dénoncé un « discours de division », tandis que le chef libéral Charles Milliard a qualifié ces propos de « manque de classe ». Le gouvernement fédéral, dirigé par Mark Carney, a reconnu dans son budget 2025 que l’immigration récente dépassait la capacité du Canada à absorber et soutenir les nouveaux arrivants.

Ce que ça pourrait changer

Le manque d’espace dans les écoles publiques de la région est un problème reconnu par les acteurs du milieu éducatif. André Bernier, président de l’Association québécoise du personnel de direction des écoles, souligne que les écoles fonctionnent à pleine capacité et que des solutions temporaires, comme les *locaux modulaires* (des salles de classe préfabriquées), sont utilisées en attendant des infrastructures durables. Martin Maltais, professeur en financement des politiques d’éducation à l’UQAR, estime que la solution ne passe pas par une réduction de l’immigration, mais plutôt par une adaptation du système éducatif. Il rappelle que ces nouveaux arrivants contribuent aussi à l’économie et à la démographie, avec des besoins en main-d’œuvre comblés par cette immigration. Bernier ajoute que la pénurie de personnel enseignant aggrave la situation, soulignant que les immigrants jouent un rôle clé pour soutenir le système.

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