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GÉNÉRALISTE

Les immigrants de première génération remplissent les écoles de Québec

Source unique·il y a 16 j

L’afflux d’enfants issus de l’immigration de première génération dans les écoles publiques de Québec et Lévis soulève des questions sur la capacité d’accueil du système éducatif et les arbitrages politiques autour de l’immigration. Derrière cette croissance démographique se cachent des enjeux de planification urbaine, de financement des services publics et de tensions idéologiques sur la gestion des flux migratoires, entre impératifs économiques et réalités sociales.

Quelle est l’ampleur de l’augmentation des élèves issus de l’immigration dans les écoles de la région de Québec ?

Entre 2021-2022 et 2025-2026, le nombre d’élèves de première génération immigrante dans le Centre de services scolaire des Découvreurs est passé de 2 701 à 4 285, représentant près de 100 % de la croissance totale des effectifs. Cette tendance se retrouve dans d’autres commissions scolaires locales, avec une hausse attribuable à 99 % aux immigrants au CSS des Navigateurs, 86 % au CSS des Premières-Seigneuries et 85 % au CSS de la Capitale.

Quels profils socio-économiques et linguistiques caractérisent ces élèves issus de l’immigration ?

Plus de la moitié (53 %) proviennent de milieux favorisés, et près de la moitié (49 %) parlent français à leur arrivée. Les origines géographiques sont principalement africaines (60 %), suivies des Amériques (20 %) et de l’Europe (14 %). À l’inverse, seulement 14 % viennent de milieux défavorisés, et les langues les plus parlées après le français sont l’arabe (16 %) et l’espagnol (8 %).

Quels facteurs expliquent cette hausse soudaine des inscriptions scolaires liées à l’immigration ?

La reprise des flux migratoires après la pandémie de 2020-2021, marquée par l’ouverture des frontières et la relance économique, a entraîné une augmentation des travailleurs étrangers temporaires, des étudiants étrangers et des demandeurs d’asile. Beaucoup de ces nouveaux arrivants sont venus avec des enfants scolarisés dans le réseau public québécois, amplifiant la pression sur les infrastructures éducatives.

Quelles réactions politiques cette situation a-t-elle suscitées au Québec ?

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a pointé du doigt l’immigration comme cause de la surpopulation scolaire, proposant de réduire les cibles d’immigration permanente à 35 000 par an et les flux temporaires. Ses déclarations ont été vivement critiquées par les partis d’opposition, Québec solidaire et le Parti libéral, qui y voient un discours de division. Le gouvernement fédéral, de son côté, a reconnu dans son budget 2025 que l’immigration récente dépassait la capacité d’absorption du pays.

Ce que ça pourrait changer

Cette dynamique pourrait accentuer les tensions autour de la planification des services publics, notamment en matière d’infrastructures scolaires et de ressources humaines. Si le débat politique s’oriente vers une réduction des flux migratoires, les acteurs du milieu éducatif insistent sur la nécessité d’adapter le système plutôt que de limiter l’immigration, soulignant son rôle dans la lutte contre la pénurie de main-d’œuvre et le vieillissement démographique.

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