J'ai lu l'autobiographie de Jean-Marie Bigard et j'exige le deuxième tome
«Rire pour ne pas mourir» date de 2007, ce qui contribue à expliquer pourquoi il est globalement si équilibré. Un second volume paraissant vingt ans après serait tellement appréciable..
Jean-Marie Bigard, humoriste connu pour son rejet de la lecture, a pourtant coécrit une autobiographie intitulée Rire pour ne pas mourir. Dans les années 2000, il participait régulièrement à l'émission On va s'gêner sur Europe 1, où il critiquait ouvertement la rubrique littéraire du vendredi, jugeant les livres inutiles et moins intéressants que les discussions informelles. Son aversion pour la lecture semblait profonde, mais l'opportunité de parler de lui sans interruption a motivé l'écriture de son livre. L'autobiographie a été coécrite avec Lionel Duroy, un écrivain expérimenté, ce qui a permis de structurer le récit et de maintenir l'intérêt du lecteur. Malgré son mépris affiché pour les livres, Bigard a ainsi produit un ouvrage relativement bien écrit, selon les critères du genre.
L'autobiographie de Jean-Marie Bigard aborde son enfance marquée par des drames familiaux. À l'âge de 10 ans, il perd sa mère, atteinte d'un cancer du pancréas. Un an plus tard, son père est assassiné dans des circonstances atroces : il est abattu par un bûcheron dont l'ex-compagne, présente sur les lieux, a agi comme complice. Ces événements ont profondément marqué Bigard, contribuant à son tempérament mélancolique. L'auteur décrit ces traumatismes avec des détails précis, comme les murs maculés de sang dans la cage d'escalier, pour illustrer l'impact de ces pertes sur sa vie. Ces récits servent à expliquer son comportement et ses choix ultérieurs, notamment son humour souvent associé à une forme de tristesse refoulée.
Avant de devenir une star, Bigard a travaillé comme barman dans l'Aube, où son charisme lui permettait de générer un chiffre d'affaires élevé. Il se décrit comme le plus triste de Troyes dans les années 1970, mais aussi comme un homme capable de faire rire les gens. Son autobiographie révèle cette dualité entre une image publique joyeuse et une personnalité intérieure marquée par la mélancolie. L'auteur évoque également sa relation avec Claudia, une danseuse brésilienne, qu'il présente comme l'amour de sa vie. Leur histoire, marquée par des problèmes de santé et des tentatives pour fonder une famille, dure près de vingt ans avant leur divorce. Le livre, écrit avant leur séparation, adopte un ton plus doux et nostalgique.
Bigard est connu pour son humour provocateur, souvent critiqué pour sa vulgarité et sa misogynie. Dans son autobiographie, il défend certains de ses sketches controversés, comme Le Lâcher de salopes, en expliquant qu'ils visaient à dénoncer la façon dont les hommes perçoivent les femmes. Il affirme que son public rit avec lui, mais pas de lui, et que ses blagues sont une métaphore de la réalité. Cependant, l'article souligne que, dans les faits, son public rit souvent au premier degré, sans remettre en cause le message sous-jacent. Bigard se compare même à Léonard de Vinci pour justifier la création de ce sketch, illustrant son ego démesuré. Cette défense reste controversée, car elle ne prend pas en compte l'impact réel de ses propos sur le public.
L'autobiographie de Bigard, publiée en 2007, reflète une époque où ses propos controversés étaient moins contestés. À cette période, il n'était pas encore associé aux théories du complot ou aux prises de position politiques extrêmes. Cependant, l'article souligne que son évolution ultérieure, marquée par des déclarations complotistes et des insultes, contraste fortement avec l'image qu'il donne dans son livre. Par exemple, il a affirmé préférer voter pour Jordan Bardella plutôt que Jean-Luc Mélenchon, et a tenu des propos insultants envers des personnalités comme Muriel Robin. L'article suggère qu'une suite à son autobiographie, écrite après ces polémiques, serait plus révélatrice de ses contradictions et de son amertume actuelle.
L'autobiographie de Bigard évoque aussi ses échecs, comme son film *L'Âme sœur*, sorti en 1999, qui n'a attiré que 44 663 spectateurs en salles. Il décrit cette expérience comme un *coup sur la tête phénoménal*, illustrant sa vulnérabilité face à l'échec. Contrairement à d'autres artistes comme Vincent Lagaf', qui a réagi avec mauvaise foi à l'échec de son film *Le Baltringue* (41 109 entrées), Bigard adopte une attitude plus mesurée dans son livre. Il explique sa déception sans nier la réalité des chiffres, montrant une forme de lucidité sur ses limites. Cette partie du récit humanise l'humoriste et révèle une facette moins connue de sa personnalité.

