Manifestations lycéennes : 256.000 manifestants en France dont 56.000 à Paris, selon le ministère de l'Intérieur
Au moins 250 000 manifestants dans toute la France pour l'acte III du mouvement lycéen. Des cortèges renforcés par des étudiants, des enseignants, des parents d'élèves..
Le 6 octobre 2026, la France a connu une mobilisation exceptionnelle des lycéens, avec au moins 256 000 manifestants selon le ministère de l'Intérieur. À Paris, 56 000 personnes ont défilé, tandis que les organisateurs en comptaient 450 000 au niveau national et 100 000 dans la capitale. Ce mouvement, lancé mi-septembre, dépasse largement les précédentes vagues de protestation. Les cortèges étaient composés non seulement de lycéens, mais aussi d'étudiants, d'enseignants, de parents d'élèves et de syndicats. Ces derniers encadraient les manifestations pour limiter les risques de débordements violents. Le gouvernement parle d'un phénomène de violences urbaines, une expression qui désigne des troubles publics impliquant des groupes organisés, souvent avec des dégradations ou des affrontements avec les forces de l'ordre.
Plusieurs incidents graves ont marqué ces manifestations. À Lens, un adolescent de 15 ans a perdu la main après l'explosion d'une grenade policière, un drame dont les circonstances restent à éclaircir. À Saint-Ouen-l'Aumône, dans le Val-d'Oise, un policier a été placé en garde à vue pour avoir tiré une grenade lacrymogène qui a blessé grièvement un lycéen à la tête. Ces événements ont conduit l'IGPN (Inspection générale de la police nationale), surnommée la police des polices, à ouvrir dix enquêtes sur des agents mis en cause. Ces affaires alimentent les tensions entre le gouvernement et l'opposition, qui critique la doctrine du maintien de l'ordre du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez. Cette doctrine désigne l'ensemble des règles et méthodes utilisées par la police pour gérer les manifestations, notamment en cas de violence.
La crise lycéenne a monopolisé l'attention politique ce 6 octobre. À l'Assemblée nationale, une séance de questions au gouvernement a été entièrement consacrée à ce sujet. Sébastien Lecornu, Premier ministre, a condamné les violences tout en qualifiant certains incidents de dramatiques accidents. La gauche, elle, remet en cause la gestion du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, qui a comparé le mouvement à des violences urbaines. Parallèlement, Marine Le Pen, candidate du Rassemblement National (RN) à la présidentielle de 2027, a présenté un programme budgétaire visant à réduire le déficit de l'État de 140 milliards d'euros. Ce montant représente une économie radicale, selon elle, pour rétablir la crédibilité financière de la France au sein de la zone euro.
En marge de la crise lycéenne, d'autres événements ont retenu l'attention. L'eurodéputée insoumise Rima Hassan est visée par une enquête du Parlement européen pour avoir retiré, hier, des drapeaux israélien et européen lors d'une exposition commémorant les victimes de l'attaque du Hamas le 7 octobre 2023. Elle reconnaît avoir enlevé le drapeau israélien, mais conteste les accusations de *volontariat* dans son geste. Par ailleurs, Emmanuel Macron a effectué un déplacement symbolique au large du Finistère, où il a assisté au premier tir d'exercice d'un missile intercontinental depuis un sous-marin nucléaire français, le *Vigilant*. Ce test visait à évaluer les capacités de dissuasion nucléaire de la France. Enfin, en Allemagne, un événement historique a eu lieu : Tobias Rausch, membre de l'*AFD* (*Alternative für Deutschland*), parti d'extrême droite, a été élu président du parlement régional de Saxe-Anhalt, une première depuis la création de la République fédérale allemande en 1949.

