Zelensky accuse Moscou de préparer une mobilisation de grande ampleur à l’automne
Le président ukrainien a affirmé mardi que des documents des services de renseignement russes indiquaient que le Kremlin préparerait un renforcement de ses effectifs. Une nouvelle mobilisation pourrait toutefois s’avérer politiquement risquée pour Vladimir Poutine, estime la presse ukrainienne..
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé, le 11 août 2026, que des documents des services de renseignement russes (FSB ou GRU, services secrets russes) indiquaient que le Kremlin préparait une mobilisation militaire de grande ampleur pour l’automne 2026. Selon lui, Moscou envisage de recruter plusieurs centaines de milliers de Russes d’ici la fin de l’année, puis un nombre équivalent en 2027. Zelensky a précisé que cette mobilisation interviendrait après les élections législatives russes prévues du 18 au 20 septembre 2026. Il a également souligné que le scrutin lui-même ferait partie d’une stratégie visant à donner l’impression d’un soutien populaire à la guerre, tous les partis autorisés à se présenter étant, selon lui, opposés à la paix avec l’Ukraine.
Zelensky a expliqué que le Kremlin cherchait à légitimer sa politique de guerre en organisant des élections où seuls les partis favorables à la poursuite du conflit seraient autorisés à participer. Il a cité l’exemple du parti Iabloko, le seul parti russe ouvertement opposé à la guerre, qui a été exclu du scrutin par la Cour suprême russe le 10 août 2026. Cette exclusion illustre la volonté du pouvoir russe de contrôler l’espace politique et de marginaliser toute opposition à la guerre. Selon le président ukrainien, cette stratégie vise à présenter une façade de consensus national autour de la guerre, alors que la population russe montre des signes de lassitude croissante face au conflit.
Face à cette annonce, Volodymyr Zelensky a appelé les États-Unis à renforcer leur soutien militaire à l’Ukraine, notamment en fournissant une défense antiaérienne renforcée. Il a également transmis à la Maison-Blanche des propositions pour un plan visant à mettre fin à la guerre. Zelensky a insisté sur la nécessité d’une pression accrue sur la Russie pour qu’elle modifie ses plans et privilégie une issue diplomatique plutôt qu’une escalade militaire. Ces déclarations interviennent dans un contexte où l’Ukraine cherche à obtenir un soutien international accru pour faire face à la guerre, qui s’enlise depuis plus de deux ans.
Les allégations de Zelensky concernant une future mobilisation russe ne peuvent pas être vérifiées de manière indépendante, car les services de renseignement ukrainiens et russes ne communiquent pas leurs informations de manière transparente. Cependant, plusieurs observateurs soulignent que le déclenchement d’une nouvelle mobilisation directe comporterait des risques politiques majeurs pour Vladimir Poutine. La Russie n’a décrété qu’une seule mobilisation officielle depuis le début de l’invasion de l’Ukraine en septembre 2022, décision qui avait provoqué des manifestations dans tout le pays et poussé des milliers de Russes à fuir le territoire pour éviter d’être enrôlés.
Max Bergmann, analyste au *Center for Strategic and International Studies* (CSIS), un *think tank* américain spécialisé dans les questions géopolitiques, a déclaré que si la Russie lançait effectivement une mobilisation, cela signifierait que le régime de Poutine est sous une pression considérable et se trouve dans une impasse politique. Une mobilisation représente, selon lui, un pari extrêmement risqué pour le président russe, car elle pourrait menacer sa stabilité personnelle et celle de son régime. Cette analyse rejoint celle d’autres experts cités par la presse ukrainienne, qui estiment que Poutine est confronté à un dilemme : soit poursuivre la guerre avec des moyens accrus, soit risquer un affaiblissement de son pouvoir face à une population de plus en plus critique.

