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Philosophie

« On aimait aussi les élections à Rome »

AOC Media · mis à jour 22 sept.

« À Rome aussi, on aimait les élections », assurait Édouard Philippe devant l'Assemblée. Rien n'est moins sûr.

Les élections romaines

L’historienne Virginie Hollard explique que les Romains organisaient des élections pour désigner leurs dirigeants, mais que le terme latin utilisé ne correspond pas exactement à notre notion moderne d’élection. Les Romains parlaient plutôt de créer, faire ou désigner leurs magistrats. Ces élections concernaient des postes comme ceux de consuls, préteurs, édiles, questeurs ou tribuns de la plèbe, qui formaient le cursus honorum, une carrière politique progressive. Les procédures électorales romaines incluaient un dépôt de candidature, une campagne, un vote oral puis écrit, et un décompte des voix. Cependant, contrairement à nos systèmes actuels, ces élections n’étaient pas secrètes et reposaient sur une forte pression sociale et familiale.

Un engagement citoyen intense

Virginie Hollard souligne que le métier de citoyen à Rome était une activité à plein temps, surtout en période électorale. L’historien Claude Nicolet, spécialiste de l’histoire politique romaine, a calculé que le peuple romain était convoqué au moins sept fois par an pour des élections, représentant jusqu’à quinze jours de participation collective. Ces élections, ajoutées aux votes législatifs, rendaient la participation citoyenne très exigeante. Les Romains devaient se rendre en personne sur les lieux de vote, souvent organisés sur le Forum Romanum, et leur engagement était perçu comme un devoir civique essentiel pour la République.

Civisme versus exemplarité

Édouard Philippe, alors Premier ministre, a évoqué en 2020 le civisme comme une vertu cardinale de la Rome antique, distincte de l’exemplarité individuelle. Le civisme romain désignait l’idée que chaque citoyen, élu ou non, était responsable d’une partie de la République. Cette notion s’opposait à une vision moderne où l’exemplarité des dirigeants est souvent mise en avant. À Rome, le civisme était avant tout une participation active aux affaires publiques, notamment par le vote et l’engagement dans les institutions, même si les mécanismes électoraux différaient de ceux d’aujourd’hui.

Ce que ça pourrait changer

L’article se concentre sur la fin de la République romaine, une période marquée par des troubles politiques et une forte polarisation. Les élections étaient alors un enjeu majeur pour le renouvellement des magistratures, mais aussi un outil de pouvoir et de légitimité. Les historiens, comme Théodor Mommsen à la fin du XIXe siècle, ont tenté de reconstituer ces procédures électorales pour les comparer aux systèmes modernes. Cependant, les différences fondamentales entre les élections romaines et les nôtres montrent que Rome n’était pas un modèle de démocratie électorale au sens actuel du terme.

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