Alain Soral, gourou de l'antisémitisme 4/4 : Un fugitif qui a laissé sa marque
Les condamnations se multiplient à l’encontre d’Alain Soral qui en fait une ressource politique. Fugitif, il s’installe en Russie en 2026.
Alain Soral cumule des dizaines de condamnations judiciaires en France et en Suisse pour des faits variés, incluant la diffamation, la provocation à la haine raciale, la contestation de crimes contre l'humanité et l'apologie de crimes de guerre. Ces condamnations portent notamment sur ses propos antisémites et son discours conspirationniste. Plutôt que de les subir passivement, Soral transforme ces condamnations en une ressource politique. Selon Aurélien Montagner, docteur en science politique, ces condamnations lui offrent une tribune médiatique, renforcent sa légitimité en lui permettant de présenter ces poursuites comme une preuve de son opposition aux « vrais puissants », et lui servent à se poser en victime. Ces stratégies lui permettent également de solliciter des dons et de susciter l'empathie auprès de son public.
En 2026, Alain Soral choisit de s'installer en Russie pour échapper à la justice française et suisse. Ce choix n'est pas anodin : il s'appuie sur des liens avec des intellectuels russes comme Alexandre Douguine, un nationaliste traditionaliste proche de Vladimir Poutine. Douguine a notamment traduit en russe l'ouvrage de Soral Comprendre l'Empire, qui rencontre un certain succès en Russie. Pour Soral, la Russie représente un bastion de résistance face à ce qu'il appelle l'Empire, un système de domination oligarchique qu'il accuse d'être manipulé par les Juifs et soutenu par des pays comme les États-Unis ou Israël. Il voit dans la Russie de Poutine un contrepoids à cette domination, aux côtés de l'Iran et de la Corée du Nord, qu'il a visitées en 2017 avec l'humoriste Dieudonné.
En septembre 2026, Mediapart publie une enquête révélant des écrits antisémites attribués à Jordan Bardella, alors président du Rassemblement national (RN), datant de 2013. Ces écrits portent la marque du discours d'Alain Soral, bien que Bardella démente en être l'auteur. Cet épisode relance le débat sur l'influence de Soral au sein du RN et sur sa stratégie de dédiabolisation du parti. Valérie Igounet, historienne et co-directrice de Conspiracy Watch, souligne que cette affaire permet à Soral de revenir sur le devant de la scène médiatique, avec une augmentation significative du nombre de ses abonnés sur la plateforme X (ex-Twitter). Cependant, Aurélien Montagner précise que l'influence réelle de Soral sur le RN reste difficile à mesurer avec précision, bien que ses idées aient pu marquer certains de ses membres.
Alain Soral utilise ses condamnations judiciaires et ses polémiques pour alimenter sa visibilité médiatique. Ses avocats jouent un rôle clé dans cette stratégie en transformant les procédures judiciaires en tribunes politiques. Soral présente ces condamnations comme une preuve de sa lutte contre les « puissants », renforçant ainsi son image de dissident persécuté. Cette approche lui permet de mobiliser des soutiens financiers via des appels aux dons et de maintenir un engagement actif auprès de son public. Les plateformes numériques, comme *X*, deviennent des outils privilégiés pour diffuser ses idées et recruter de nouveaux adeptes, malgré les condamnations et les controverses qui l'entourent.

