Mounir Kaddouri : « L'objectivité, ça n'existe pas vraiment »
Premier invité au balado Hors des ondes, animé par Patrice Roy, Mounir Kaddouri discute d’information..
L’objectivité est souvent présentée comme une qualité essentielle dans la production de connaissances, notamment dans les médias ou la recherche. Cependant, Mounir Kaddouri, professeur en communication, remet en cause cette notion dans une entrevue accordée à Radio-Canada. Selon lui, l’objectivité pure n’existe pas, car elle est influencée par des biais inconscients, des perspectives personnelles ou des cadres de référence. Il souligne que même les journalistes ou les chercheurs, censés être neutres, sont sujets à des subjectivités liées à leur éducation, leur culture ou leurs valeurs. Kaddouri s’appuie sur des travaux en sciences sociales pour étayer son propos, notamment ceux de Pierre Bourdieu, un sociologue français reconnu pour ses analyses sur les mécanismes de domination et de pouvoir dans les champs intellectuels et médiatiques. L’article ne précise pas de date exacte pour ces travaux, mais ils sont souvent cités pour illustrer cette idée.
Mounir Kaddouri explique que les biais (biais cognitifs ou biais de confirmation) jouent un rôle majeur dans la perception de la réalité. Un biais cognitif est une distorsion dans le traitement de l’information, souvent inconsciente, qui pousse une personne à privilégier des informations confirmant ses croyances préexistantes. Par exemple, un journaliste pourrait inconsciemment sélectionner des sources ou des faits qui soutiennent son opinion, sans en avoir conscience. De même, un chercheur pourrait interpréter des données de manière à valider une hypothèse initiale. Kaddouri cite l’exemple des médias, où la ligne éditoriale d’une chaîne ou d’un journal influence la manière dont l’actualité est présentée. Il n’y a pas de chiffres précis dans l’article, mais il insiste sur le fait que ces biais sont universels et inévitables, même dans les milieux académiques ou journalistiques les plus rigoureux.
Kaddouri aborde également le rôle des institutions dans la construction de l’objectivité. Les institutions, comme les universités, les médias ou les gouvernements, définissent souvent ce qui est considéré comme objectif ou non. Par exemple, une université peut promouvoir une certaine vision de la science, tandis qu’un média peut adopter une ligne éditoriale qui privilégie certains angles de couverture. L’auteur souligne que ces institutions ne sont pas neutres : elles reflètent les intérêts et les valeurs des groupes qui les dirigent. Il mentionne que ces dynamiques sont particulièrement visibles dans les débats publics, où des acteurs comme les lobbies ou les groupes de pression peuvent influencer la perception de l’objectivité. L’article ne cite pas d’institution spécifique, mais évoque cette idée de manière générale.
Face à l’absence d’objectivité absolue, Kaddouri propose une approche alternative : la **transparence**. Plutôt que de prétendre à une neutralité impossible, il suggère que les producteurs de connaissances (journalistes, chercheurs, etc.) devraient clairement indiquer leurs biais, leurs méthodes et leurs sources. Cette transparence permet au public de mieux évaluer la crédibilité d’une information. Par exemple, un journaliste pourrait expliquer pourquoi il a choisi une source plutôt qu’une autre, ou un chercheur pourrait préciser les limites de son étude. Kaddouri insiste sur le fait que cette approche ne résout pas le problème de la subjectivité, mais elle permet une meilleure responsabilité des acteurs. Il n’y a pas de données chiffrées dans l’article, mais il souligne que cette idée gagne en popularité dans les débats sur l’éthique journalistique et scientifique.

