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Les négociations s’amorcent entre Stellantis et Unifor sur fond de guerre tarifaire

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 2 h

Le constructeur automobile compte plus de 9000 employés en Ontario..

Négociations en cours

Les négociations entre le constructeur automobile Stellantis et le syndicat Unifor ont débuté le 1er septembre 2026 à Toronto. Ces pourparlers visent à renouveler les contrats de travail des employés de Stellantis au Canada, après des accords similaires conclus récemment avec Ford et General Motors. Le syndicat Unifor, qui représente plus de 6 000 travailleurs chez Stellantis, s’attend à des discussions particulièrement difficiles en raison du contexte économique tendu. Yan Cimon, professeur de stratégie à l’Université Laval, souligne que ces négociations pourraient être les plus éprouvantes jamais menées par le syndicat. Les enjeux portent notamment sur l’avenir de l’usine de Brampton, en Ontario, où Stellantis a abandonné en 2025 le projet de production d’un véhicule électrique, préférant le déplacer aux États-Unis.

Menace des droits de douane

Le président américain Donald Trump a annoncé en septembre 2026 une augmentation massive des droits de douane sur les véhicules et pièces automobiles importés aux États-Unis. À partir du 1er janvier 2027, ces taxes pourraient atteindre 50 %, ce qui affecterait directement l’industrie automobile nord-américaine. Lana Payne, présidente du syndicat Unifor, alerte sur les conséquences : une telle mesure pourrait paralyser l’ensemble du secteur en 7 à 10 jours. Elle insiste sur la nécessité de préserver l’industrie automobile canadienne, malgré les pressions économiques. Stellantis, comme d’autres constructeurs, craint un impact financier de 1,9 milliard de dollars à l’échelle mondiale en raison de ces tarifs douaniers.

Usine de Brampton en question

L’usine de Brampton, en Ontario, où travaillent environ 2 200 employés, est au cœur des négociations. Stellantis a abandonné en 2025 son projet d’y produire un véhicule électrique, préférant le faire aux États-Unis. Bien qu’aucun avis de fermeture officiel n’ait été publié, le syndicat Unifor craint que l’usine ne soit vendue, comme le suggère une rumeur relayée par Bloomberg. Trois constructeurs, dont le chinois BYD, auraient déjà manifesté leur intérêt pour cette usine. LouAnn Gosselin, directrice des communications de Stellantis, affirme que la priorité reste de trouver une solution durable pour Brampton, sans préciser de plan concret. Stellantis a investi plus de 8 milliards de dollars dans ses usines canadiennes depuis 2022, mais certains observateurs, comme Benoit Charette, chroniqueur automobile, estiment que ces investissements n’ont pas encore porté leurs fruits.

Situation financière de Stellantis

Stellantis a renoué avec la rentabilité au deuxième trimestre 2026, après des pertes importantes en 2025. Cependant, sa situation financière reste fragile. Les ventes en Amérique du Nord ont progressé de 6 % en un an, mais l’entreprise subit une pression accrue en raison des droits de douane et de la concurrence internationale. Yan Cimon souligne que Stellantis n’a pas la même marge de manœuvre que Ford ou General Motors pour négocier, ce qui pourrait rendre les discussions avec Unifor plus complexes. Le syndicat exige que Stellantis s’engage à fabriquer davantage de véhicules au Canada pour renforcer sa part de marché en Amérique du Nord, comme l’ont fait Ford et General Motors. Les contrats des travailleurs de Stellantis arrivent à échéance le 20 septembre 2026, ce qui ajoute une urgence aux négociations.

Ce que ça pourrait changer

Le syndicat **Unifor** et les observateurs soulignent l’importance de maintenir une industrie automobile canadienne compétitive. **Lana Payne** insiste sur la nécessité de sécuriser l’avenir des usines comme celle de Windsor, où travaillent plus de 6 000 employés, et de Brampton. Elle rappelle que les accords récents avec Ford et General Motors incluent des engagements d’investissement, et que Stellantis doit suivre cet exemple. Le Canada doit se préparer à l’après-**Donald Trump**, car les politiques commerciales américaines pourraient évoluer après son mandat. Les négociations entre Stellantis et Unifor s’inscrivent donc dans une stratégie plus large pour préserver l’emploi et la production automobile au Canada, malgré un contexte économique incertain.

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