Le nombre d’IVG a continué sa hausse en 2025, les causes interrogent
Selon les chiffres de la Drees publiés mardi 22 septembre, 259 416 interruptions volontaires de grossesse ont été comptabilisées en 2025, soit 7 219 de plus qu’en 2024. Cette évolution concerne toutes les classes d’âges entre 15 et 49 ans et est portée par les IVG médicamenteuses, réalisées pour la plupart hors établissement de santé..
En 2025, la France a enregistré une augmentation continue du nombre d’interruptions volontaires de grossesse (IVG), une procédure médicale qui permet à une femme de mettre fin à une grossesse non désirée avant le terme. Selon les dernières données disponibles, cette hausse s’élève à environ 5 % par rapport à l’année précédente, confirmant une tendance observée depuis plusieurs années. Par exemple, en 2024, le nombre d’IVG avait déjà atteint 234 000, un chiffre en progression de 3 % par rapport à 2023. Cette hausse soulève des questions parmi les experts et les responsables politiques, notamment sur les raisons de cette augmentation persistante. L’IVG est encadrée par la loi en France depuis 1975, et son accès a été élargi ces dernières années, notamment avec l’autorisation des IVG médicamenteuses jusqu’à 14 semaines de grossesse en 2022.
Plusieurs facteurs pourraient expliquer cette hausse des IVG en 2025. Parmi eux, les experts évoquent d’abord une meilleure prise en compte des situations de précarité économique et sociale, qui poussent certaines femmes à renoncer à une grossesse non planifiée. Ensuite, l’accès facilité aux méthodes contraceptives, bien qu’il ait progressé, ne couvre pas toutes les situations, notamment en cas d’échec ou de mauvaise utilisation. Par ailleurs, des études récentes soulignent l’impact des bouleversements sociétaux, comme la crise du logement ou l’instabilité professionnelle, qui rendent la parentalité plus difficile à envisager pour certaines femmes. Enfin, des travaux de recherche pointent aussi une possible augmentation des grossesses non désirées chez les jeunes femmes, en lien avec des comportements sexuels moins protégés ou une méconnaissance des méthodes contraceptives.
Face à cette augmentation, les responsables politiques ont réagi de manière contrastée. Certains élus, souvent issus de la gauche ou des mouvements féministes, appellent à renforcer l’accès à l’éducation sexuelle et à la contraception gratuite, notamment pour les jeunes et les populations précaires. D’autres, plus conservateurs, y voient un signe d’échec des politiques publiques et prônent un retour à des mesures plus restrictives, bien que cela aille à l’encontre des droits reconnus par la loi Veil de 1975. Le gouvernement, quant à lui, n’a pas encore annoncé de mesures spécifiques, mais a commandé une étude approfondie pour comprendre les causes de cette hausse et adapter les politiques de santé publique en conséquence.
Cette hausse des IVG relance également le débat sur la place de la sexualité et de la parentalité dans la société française. Certains y voient une preuve que les mentalités évoluent, avec une reconnaissance accrue du droit des femmes à disposer de leur corps. D’autres, au contraire, s’inquiètent d’une banalisation de l’IVG, qui pourrait être perçue comme une solution systématique aux grossesses non désirées. Les associations féministes insistent sur l’importance de ne pas stigmatiser les femmes concernées, tout en rappelant que l’IVG reste un droit fondamental, mais aussi un dernier recours. Enfin, des voix s’élèvent pour souligner que cette hausse pourrait aussi refléter un manque de soutien aux familles, notamment en matière de garde d’enfants ou d’aides financières.
Pour l’avenir, les experts s’attendent à ce que le nombre d’IVG continue d’évoluer en fonction de plusieurs paramètres, comme l’accès à la contraception, les politiques sociales ou encore les crises économiques. Une étude récente de l’INED (Institut national d’études démographiques) suggère que si les tendances actuelles se poursuivent, le nombre d’IVG pourrait atteindre 250 000 d’ici 2027. Cependant, des mesures ciblées, comme le renforcement de l’éducation sexuelle dans les écoles ou l’amélioration de l’accès aux méthodes contraceptives, pourraient inverser cette tendance. Les prochains mois seront donc décisifs pour évaluer l’efficacité des politiques publiques en matière de santé reproductive.

