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Culture

L'homme qui a vu l'ours

France Culture - Savoirs · mis à jour 21 sept.

En 1997, un ours est aperçu autour de Ploëzal, petite commune des Côtes-d'Armor. Pendant plusieurs semaines, l'ours est vu ou entendu par des habitants, et de nombreux gendarmes se mobilisent, sans succès.

Début de l'affaire

En 1997, une rumeur commence à circuler dans la petite commune de Ploëzal, située dans les Côtes-d'Armor en Bretagne. Un habitant affirme avoir découvert des traces d'ours dans les environs. Cette déclaration, initialement locale, prend rapidement de l'ampleur grâce au bouche-à-oreille. La presse régionale s'empare de l'histoire, puis un reportage est diffusé au Journal télévisé de Claire Chazal, lui donnant une visibilité nationale. La ville se divise alors entre ceux qui croient à la présence réelle d'un ours et ceux qui suspectent une supercherie. Contrairement à une peur généralisée, l'animal devient surtout un sujet de divertissement pour les habitants, alimentant les conversations quotidiennes. Aucun élément ne permet d'expliquer comment un ours aurait pu se retrouver dans cette région, ce qui ajoute au mystère.

Témoignages et preuves

Au fil des semaines, de nombreux témoignages émergent. Certains habitants affirment avoir vu l'ours en plein jour, tandis que d'autres rapportent avoir entendu des grognements pendant la nuit. Le 25 septembre 1997, une trace de griffe est découverte sur une bâche en plastique. Le zoo de Pont-Scorff, situé près de Lorient, analyse cette trace et conclut qu'elle provient d'un ours mesurant 1,20 mètre et pesant plus de 100 kilogrammes. Peu après, d'autres griffures sont relevées sur un arbre par deux hommes partis à la recherche de l'animal. Ces éléments renforcent la conviction de nombreux habitants, certains évoquant même la possibilité qu'il s'agisse d'un ours échappé d'un cirque. Les autorités locales, dont les gendarmes, se mobilisent alors pour traquer l'animal.

Mobilisation des autorités

Le 3 octobre 1997, l'ours est aperçu à trois reprises en l'espace de trois heures, ce qui pousse les autorités à boucler le périmètre et à organiser des battues pour le capturer. Des pièges sont installés, mais sans succès. Des scientifiques sont également appelés sur place pour analyser la situation, mais ils ne trouvent aucune preuve tangible de la présence de l'animal. Malgré l'engagement des forces de l'ordre, dont un hélicoptère venu de Rennes, l'ours semble disparaître à l'arrivée de l'automne. Les recherches s'arrêtent avec l'arrivée de l'hiver, laissant le mystère entier. Certains habitants restent convaincus qu'ils auraient pu retrouver l'animal s'il avait été cerné dans un bosquet, mais il échappe à toutes les tentatives de capture.

Héritage et commémoration

Vingt-neuf ans après les faits, l'ours de Ploëzal est toujours présent dans les mémoires des habitants. La ville a même organisé une course annuelle en son honneur, qui rencontre un grand succès. Bien que l'affaire soit aujourd'hui considérée comme un canular, personne n'a officiellement revendiqué la supercherie. Certains habitants plaisantent en disant que la personne responsable doit encore bien rire aujourd'hui. Malgré les années écoulées, l'ours reste un symbole fort pour la commune, et sa mémoire est célébrée comme si l'animal avait réellement existé. En 2017, une journaliste nommée Magali Lelchat a finalement levé une partie du mystère, bien que la solution reste floue.

Ce que ça pourrait changer

En 2017, la journaliste Magali Lelchat publie une enquête qui apporte un éclairage nouveau sur l'affaire. Contrairement à ce qui était largement admis, la solution ne serait pas un simple canular. Cependant, l'article ne révèle pas explicitement la vérité, laissant planer un doute sur ce qui s'est réellement passé. Malgré cette révélation partielle, l'ours de Ploëzal continue d'être célébré chaque année, et son histoire reste un sujet de fascination pour les habitants et les médias locaux. La photo volée de l'ours, attribuée à Lucien François, est souvent citée comme une preuve tangible de son existence, bien que son authenticité soit désormais remise en question.

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