Churchill Falls : les négociateurs « font des progrès », clament Québec et T.-N.-L.
Christine Fréchette estime qu’une nouvelle entente sera conclue « à plus ou moins brève échéance »..
Les négociations entre le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador (T.-N.-L.) concernant l’utilisation du potentiel énergétique du fleuve Churchill progressent, selon les déclarations des premières ministres Christine Fréchette (Québec) et Tony Wakeham (T.-N.-L.). Lors d’une rencontre le 21 juillet 2026 à Charlottetown, les deux dirigeantes ont affirmé que les équipes de négociation travaillaient activement et qu’une entente pourrait être conclue « à plus ou moins brève échéance ». Cette rencontre s’est tenue en marge du Conseil de la fédération, une instance regroupant les premiers ministres des provinces et territoires canadiens. Les discussions portent sur un contrat historique controversé signé en 1969 entre Hydro-Québec et Hydro Terre-Neuve-et-Labrador, qui régit l’exploitation de la centrale hydroélectrique de Churchill Falls, d’une puissance de 5 428 mégawatts.
Le contrat de 1969, souvent critiqué à Terre-Neuve-et-Labrador, accorde à Hydro-Québec un prix très faible pour l’électricité produite par la centrale de Churchill Falls : seulement 0,2 cent par kilowattheure, et ce jusqu’en 2041. En échange, Hydro-Québec devait construire une deuxième centrale et un barrage à Gull Island, dont la majeure partie de la production serait réservée au Québec. En 2024, un accord de principe avait été annoncé pour remplacer ce contrat, prévoyant une meilleure rémunération pour Terre-Neuve-et-Labrador et la construction de nouvelles infrastructures. Cependant, le gouvernement actuel de T.-N.-L., dirigé par Tony Wakeham, souhaite renégocier cet accord de principe, estimant qu’il ne servirait pas suffisamment les intérêts à long terme de la province.
Les négociations surviennent à quelques mois des élections québécoises prévues le 5 octobre 2026. Le Parti québécois (PQ), qui devance les sondages, critique la gestion de l’accord de Churchill Falls par la Coalition Avenir Québec (CAQ) de Christine Fréchette. Le PQ propose de renégocier la frontière du Labrador, non reconnue par le Québec depuis un tracé imposé par Londres en 1927, qu’il qualifie d’injustice. Cette frontière est directement liée aux discussions sur Churchill Falls, car elle délimite les territoires où les infrastructures hydroélectriques peuvent être construites. Le PQ promet d’intégrer cette question dans les négociations avec Terre-Neuve-et-Labrador si le parti accède au pouvoir.
Christine Fréchette, première ministre du Québec, a réitéré lors de la rencontre que les négociations avançaient « à bon rythme » et qu’une conclusion était proche. Tony Wakeham, premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, a confirmé que les négociateurs faisaient des progrès, tout en soulignant qu’il ne voulait pas négocier publiquement. Il a également indiqué que son gouvernement prendrait le temps nécessaire pour parvenir à une entente équilibrée, sans préciser de délai. Hydro-Québec et Hydro Terre-Neuve-et-Labrador, les deux sociétés d’État impliquées dans la gestion de la centrale, n’étaient pas présentes lors de cette rencontre. Wakeham a précisé qu’il n’avait pas demandé à ses équipes de conclure un accord avant les élections québécoises.
Pour Terre-Neuve-et-Labrador, la renégociation du contrat de 1969 représente une opportunité majeure. Selon les estimations, une meilleure rémunération pour l’électricité produite par Churchill Falls pourrait rapporter des dizaines de milliards de dollars à la province sur les cinq prochaines décennies. L’accord de principe de 2024 prévoyait que Terre-Neuve-et-Labrador obtienne un meilleur prix pour l’énergie existante, tout en permettant au Québec de développer de nouvelles infrastructures. Cependant, un rapport d’experts publié en mai 2026 a remis en question cet accord, suggérant qu’il ne répondait pas aux intérêts à long terme de T.-N.-L. Les négociations actuelles visent donc à trouver un compromis plus avantageux pour les deux parties.

