La Nasa vient d’économiser des années de carburant pour son télescope Roman, grâce à une manœuvre ultra-précise
La première manœuvre corrigeant la trajectoire du télescope Nancy Grace Roman dans l'espace s'est très bien passée. Tellement bien que la Nasa a économisé énormément de carburant, ce qui devrait rallonger la durée de la mission de cet observatoire spatial..
Le télescope Roman (ou Nancy Grace Roman Space Telescope) est un instrument d'observation spatiale développé par la Nasa, l'agence spatiale américaine. Son nom rend hommage à Nancy Grace Roman, une astronome pionnière surnommée la mère du télescope Hubble. Ce projet, prévu pour être lancé dans les années 2020, a pour mission d'étudier l'énergie noire, les exoplanètes et la structure de l'univers. Contrairement à Hubble, Roman sera équipé d'un champ de vision 100 fois plus large, lui permettant de capturer des images plus vastes du cosmos en moins de temps. Le télescope utilise un miroir primaire de 2,4 mètres de diamètre, similaire à celui de Hubble, mais optimisé pour des observations en infrarouge. Une particularité de Roman est son système de propulsion : il embarque une réserve de carburant limitée, indispensable pour ajuster son orbite et maintenir sa position dans l'espace pendant des années.
La Nasa a réussi à économiser des années de carburant pour le télescope Roman grâce à une manœuvre spatiale ultra-précise. Cette opération a permis de réduire la consommation de propergol, le carburant utilisé par les moteurs du télescope pour les corrections d'orbite et les ajustements de trajectoire. Normalement, un télescope spatial comme Roman dispose d'une quantité limitée de propergol, calculée pour durer environ 5 à 10 ans selon les missions. En optimisant cette manœuvre, la Nasa a prolongé la durée de vie opérationnelle du télescope de plusieurs années, voire potentiellement jusqu'à 22 ans au total. Cette économie est cruciale car elle évite de devoir lancer une mission de ravitaillement coûteuse et complexe, tout en maximisant le retour scientifique de l'instrument.
La manœuvre en question consiste à utiliser les forces gravitationnelles de la Terre et de la Lune pour ajuster la trajectoire de Roman sans consommer de carburant. Cette technique, appelée assistance gravitationnelle, permet de modifier la vitesse et la direction d'un engin spatial en exploitant l'attraction des corps célestes. Dans le cas de Roman, la Nasa a calculé avec une précision extrême le passage du télescope près de la Lune pour le propulser vers son orbite finale autour du point de Lagrange L2, un point d'équilibre gravitationnel situé à 1,5 million de kilomètres de la Terre. Cette orbite est idéale pour les télescopes spatiaux car elle offre une stabilité thermique et une visibilité constante du ciel sans obstruction par la Terre ou la Lune.
L'économie de carburant représente un gain majeur pour la mission Roman. En prolongeant sa durée de vie de plusieurs années, la Nasa peut étendre les observations scientifiques, augmentant ainsi les chances de découvrir de nouvelles exoplanètes, de cartographier la matière noire ou d'étudier l'expansion accélérée de l'univers. Sur le plan financier, cette manœuvre évite un surcoût estimé à plusieurs centaines de millions de dollars, correspondant au prix d'une mission de ravitaillement ou d'un nouveau lancement. De plus, elle réduit les risques associés à des opérations spatiales complexes. La Nasa a confirmé que cette approche pourrait servir de modèle pour d'autres missions futures, notamment celles impliquant des télescopes ou des sondes interplanétaires.

