Le Commissaire au bien-être et aux droits des enfants lance trois enquêtes systémiques
Il se penchera sur les soins médicaux, l’hébergement pour jeunes autistes et les décès récents d’enfants..
Le Commissariat au bien-être et aux droits des enfants a été officiellement inauguré à Montréal le 10 septembre 2026. Cette institution indépendante a pour mission de veiller au respect des droits et du bien-être des enfants de moins de 18 ans au Québec. Elle propose également un service d’écoute et d’aide pour les jeunes qui se sentent lésés ou en difficulté. Les personnes âgées de 18 à 25 ans peuvent aussi solliciter son aide si elles se considèrent vulnérables. La commissaire, Marie-Eve Brunet Kitchen, a souligné que cette institution se veut « agile, perspicace et ingénieuse », symbolisée par une peluche de renard bleu. Son rôle est de s’assurer que les systèmes en place répondent aux besoins des enfants et respectent leurs droits, en intervenant lorsque des situations injustes ou dangereuses sont signalées.
Le Commissariat a annoncé le lancement de trois enquêtes systémiques pour évaluer l’efficacité des systèmes québécois concernant les enfants. La première portera sur les soins médicaux prodigués aux jeunes, afin de vérifier si les pratiques actuelles répondent à leurs besoins. La deuxième enquête examinera l’hébergement des jeunes autistes ou vivant avec une déficience intellectuelle (DI), une problématique souvent appelée crise dans les résidences pour DI-TSA. Enfin, la troisième enquête analysera les décès récents d’enfants pour déterminer si des situations similaires à celle de Clara, la fillette de Granby dont le décès avait suscité une vive émotion, pourraient encore survenir aujourd’hui. Ces enquêtes visent à identifier des lacunes systémiques et à proposer des améliorations.
L’enquête sur les décès d’enfants fait directement référence à l’affaire de Clara, une fillette de Granby dont la mort en 2021 avait révélé des défaillances majeures dans le système de protection de la jeunesse. Une coroner avait conclu que « tout le monde l’a échappée », soulignant que les services sociaux, médicaux et judiciaires n’avaient pas su protéger l’enfant malgré les signaux d’alerte. Cette affaire avait conduit à la création du poste de commissaire au bien-être et aux droits des enfants, afin d’éviter que de tels drames ne se reproduisent. L’enquête actuelle cherchera à établir si des mécanismes de prévention ont été mis en place depuis.
Le Commissariat agit comme un organisme de défense des droits des enfants, offrant un point d’entrée unique pour les jeunes en difficulté. Il ne remplace pas les services existants comme la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), mais propose une alternative pour les situations où les recours traditionnels n’ont pas fonctionné. La commissaire a insisté sur le fait que « aucun enfant ne devrait rester seul devant une situation injuste ». Les jeunes ou leurs proches peuvent contacter l’institution par téléphone, texto ou courriel. Cependant, le Commissariat ne dispose pas de pouvoirs coercitifs : son rôle est avant tout de signaler les problèmes, de faire des recommandations et d’influencer les politiques publiques pour améliorer la prise en charge des enfants.
La peluche de renard bleu, choisie comme symbole du Commissariat, représente les valeurs d’*« agilité, perspicacité et ingéniosité »* que l’institution souhaite incarner. Marie-Eve Brunet Kitchen a expliqué que ce choix visait à montrer que le Commissariat s’adaptera aux besoins des enfants avec créativité et réactivité. L’objectif est de créer un environnement où les jeunes se sentent en confiance pour partager leurs difficultés. Le Commissariat mise également sur la transparence, promettant de publier des rapports détaillés sur les résultats de ses enquêtes et de ses actions. Aucune date précise n’a été donnée pour la publication de ces rapports, mais des mises à jour sont attendues dans les prochains mois.

