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Environnement

Sainte-Soline à sec : le modèle des mégabassines à l'épreuve des canicules

Reporterre · mis à jour il y a 15 j

La réserve d'eau de Sainte-Soline a vu ses stocks intégralement évaporés par les fortes chaleurs de cet été. Un signe de fragilité qui questionne sur la capacité des mégabassines à aider l'agriculture face au changement climatique.

Canicules et bassines

L’article relate l’assèchement d’une mégabassine située à Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres, lors des vagues de chaleur de l’été 2022 et 2023. Une mégabassine est un réservoir d’eau artificiel de grande taille, souvent construit pour stocker l’eau en période humide afin de l’utiliser en période de sécheresse. Ces infrastructures, controversées, sont censées répondre aux besoins agricoles, notamment pour l’irrigation des cultures. Le site de Sainte-Soline, l’un des plus grands projets français avec une capacité de 600 000 m³ d’eau, a vu son niveau d’eau chuter drastiquement en raison des températures élevées et de l’évaporation accrue. Les agriculteurs locaux, soutenus par des subventions publiques, y puisent de l’eau pour leurs cultures, aggravant la pression sur les ressources hydriques.

Modèle agricole en question

L’article interroge la pertinence du modèle agricole dominant qui repose sur des cultures gourmandes en eau, comme le maïs, et sur l’irrigation intensive. Les mégabassines symbolisent cette approche, car elles permettent de maintenir des pratiques agricoles peu adaptées aux changements climatiques. En 2022, la France a connu une sécheresse historique, avec 32 départements placés en crise hydrique, c’est-à-dire un niveau de restriction maximal interdisant tout prélèvement non essentiel. Les opposants à ces projets, comme les associations écologistes, dénoncent un système qui favorise une agriculture intensive au détriment de la sobriété hydrique. Le gouvernement, de son côté, a validé plusieurs projets de mégabassines, malgré les critiques, en invoquant la nécessité de sécuriser l’approvisionnement en eau pour les agriculteurs.

Coûts et financements publics

Les mégabassines représentent des investissements lourds, souvent financés en partie par des fonds publics. À Sainte-Soline, le projet a coûté environ 5 millions d’euros, dont une part importante provient de subventions européennes, nationales et locales. Ces aides sont justifiées par l’État comme un moyen de soutenir l’agriculture face aux aléas climatiques. Cependant, les opposants soulignent que ces financements publics profitent principalement à de grandes exploitations agricoles, tandis que les petits agriculteurs, souvent plus respectueux de l’environnement, en bénéficient moins. De plus, les coûts environnementaux, comme la baisse des nappes phréatiques ou la destruction d’écosystèmes, ne sont pas toujours pris en compte dans ces calculs.

Alternatives ignorées

L’article met en lumière des solutions alternatives, moins gourmandes en eau, qui pourraient réduire la dépendance aux mégabassines. Par exemple, des techniques comme l’agroécologie, qui privilégie des cultures moins exigeantes en eau ou des méthodes de conservation des sols, sont évoquées. Ces approches permettent de limiter l’évaporation et d’améliorer la résilience des sols face à la sécheresse. Pourtant, elles restent marginalisées dans les politiques agricoles actuelles. Les associations comme Les Soulèvements de la Terre, qui dénoncent les projets de mégabassines, proposent de réorienter les financements vers ces alternatives. Elles rappellent que la France a déjà connu des sécheresses similaires en 1976 ou 2003, sans recourir à de telles infrastructures.

Ce que ça pourrait changer

Les projets de *mégabassines* suscitent des tensions locales et nationales. À Sainte-Soline, des manifestations ont eu lieu en 2022 et 2023 pour s’opposer à la construction de ces réservoirs. Les opposants, parmi lesquels des écologistes, des paysans et des riverains, dénoncent une logique de court terme qui aggrave les problèmes de sécheresse à long terme. Ils pointent aussi le manque de concertation avec les citoyens et les scientifiques. En parallèle, les partisans des *mégabassines*, souvent des syndicats agricoles comme la FNSEA, défendent ces projets au nom de la souveraineté alimentaire. Le conflit illustre les divergences sur la gestion de l’eau en France, entre ceux qui prônent une approche technologique et ceux qui défendent une transition écologique.

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