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Culture

Les agriculteurs face à la sécheresse en Ille- et -Vilaine : "Tout a cramé, j'ai presque perdu la moitié de ma production"

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 5 j

Depuis fin juin, la sécheresse frappe la France. Avec un déficit pluviométrique de plus de 70 % en moyenne.

Sécheresse en Bretagne

Depuis fin juin 2026, la France subit une sécheresse exceptionnelle, avec un déficit de pluie de plus de 70 % en moyenne. Cette situation touche particulièrement la Bretagne, une région généralement humide, où les températures ont atteint 42 °C en juillet, un record pour la zone. Le département d'Ille-et-Vilaine est placé en alerte sécheresse maximale depuis le 15 août 2026. Les agriculteurs, habitués à des précipitations régulières, se retrouvent sans ressources pour leurs cultures et leurs élevages. Cette sécheresse prolongée et intense est un phénomène inédit pour la région, mettant en péril les activités agricoles locales.

Impact sur les éleveurs

Benoit Le Duc, éleveur de vaches laitières en bio à Maen Roch (à 40 km au nord-est de Rennes), illustre les difficultés rencontrées. Ses prairies et ses champs de maïs sont totalement desséchés, ce qui l'oblige à réduire la traite des vaches produisant moins de lait pour privilégier celles qui en donnent davantage. Il a déjà perdu près de 50 % de sa production de maïs, une culture essentielle pour nourrir son troupeau. Les réserves de fourrage, normalement destinées à l'hiver, sont déjà largement entamées, et il craint de ne pas pouvoir nourrir ses bêtes jusqu'au printemps. La situation est d'autant plus critique que les vaches, privées d'herbe fraîche, doivent se contenter de brins d'herbe desséchés, insuffisants pour leur alimentation.

Prix et solidarité en crise

Le coût des aliments bio pour les vaches atteint désormais 650 € la tonne, un prix déjà élevé qui pourrait encore augmenter. Les éleveurs comptaient généralement sur la solidarité entre agriculteurs bio pour échanger des surplus de fourrage. Cependant, cette année, aucune région française n'est épargnée par la sécheresse, rendant impossible toute entraide locale. Gaetan Dubreuil-Jardin, éleveur laitier voisin et délégué à l'environnement, souligne que la Bretagne, bien que pluvieuse en temps normal, ne dispose pas de réserves d'eau suffisantes pour faire face à une telle sécheresse. Les éleveurs sont donc contraints d'acheter des aliments en dehors de leur région, aggravant leurs difficultés financières.

Ce que ça pourrait changer

Face à cette crise, les agriculteurs cherchent des solutions pour s'adapter. Gaetan Dubreuil-Jardin a déjà abandonné la culture du maïs, jugeant cette plante inadaptée aux nouvelles conditions climatiques. Benoit Le Duc envisage de cultiver du sorgo, une céréale africaine résistante à la sécheresse, mais moins nutritive pour ses vaches. Il pourrait également demander des dérogations pour utiliser du fourrage non bio, une décision qu'il prend à contrecœur, car elle menace la pérennité de son modèle d'élevage bio. Ces adaptations illustrent l'urgence de repenser les pratiques agricoles face au changement climatique, même si les solutions restent limitées et coûteuses.

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