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Culture

« La Frappe » de Julien Gaspar-Oliveri, un drame intense sur la banalité des monstres

Trois Couleurs · mis à jour il y a 2 h

On l’attendait et avec son premier long métrage, Julien Gaspar-Oliveri vise juste et fort. Récit grave et précis d’un mal qui se tait, "La Frappe" épouse le regard d’un jeune homme qui s’aveugle pour pouvoir tenir debout.

Premier long-métrage marquant

Julien Gaspar-Oliveri signe avec La Frappe son premier long-métrage, un film qui marque par sa précision et son intensité. Le réalisateur, déjà reconnu pour sa série Ceux qui rougissent, y déploie un style mêlant naturalisme et lyrisme. Le naturalisme désigne ici une approche cinématographique qui cherche à représenter la réalité de manière brute, sans artifice, en captant les détails les plus infimes d’une scène. Le lyrisme, à l’inverse, introduit une dimension poétique ou émotionnelle, ici utilisée pour amplifier l’impact des situations. Dès les premières minutes, la caméra suit un jeune homme endormi, filmant les frémissements de son corps, ce qui crée une tension immédiate. Le film explore la relation complexe entre un frère et une sœur, où l’un semble s’inventer une vie normale tandis que l’autre est rongée par un mal invisible. La tension est palpable, même si la première scène bascule dans la colère, surprenant le spectateur par un éclat de rire inattendu.

Retour du père et tension familiale

Le mal qui ronge la sœur est rapidement identifié : il s’agit du retour du père, un personnage dont la simple présence génère une tension étouffante. Le père, interprété par Bastien Bouillon, est décrit comme banal mais profondément dérangeant, créant un malaise constant. Le terme banal ici ne signifie pas anodin, mais plutôt ordinaire en apparence, ce qui rend son impact d’autant plus perturbant. Le film questionne : faut-il s’inquiéter de cette présence ? Que se joue-t-il exactement entre ce père, son fils et sa fille ? La mise en scène, ainsi que la direction des acteurs, maintient le spectateur en haleine, dans l’attente d’un dénouement violent. Le réalisateur évite les clichés du drame classique et explore des zones sombres, là où le cinéma traditionnel hésite à s’aventurer. La tension monte progressivement, jusqu’à un point de non-retour où tout bascule irrémédiablement.

Exploration de la violence et de ses effets

Julien Gaspar-Oliveri pousse l’exploration de la violence bien au-delà des attentes habituelles. Le film ne se contente pas de montrer un drame sordide ou voyeuriste, mais plonge dans la complexité des émotions de ses personnages, notamment celle de la victime. Le terme voyeuriste désigne ici une tendance à observer avec une curiosité malsaine, souvent sans empathie. Le réalisateur met en lumière l’incapacité à exprimer sa souffrance, la fêlure intérieure causée par la violence subie, et la relation paradoxale entre la victime et son bourreau. Les acteurs Diego Murgia, dans le rôle du frère, et Romane Fringeli, dans celui de la sœur, livrent des performances remarquables. Murgia est présenté comme une sidérante révélation, tandis que Fringeli est saluée pour sa puissance d’actrice. Leur jeu projette le spectateur dans les zones d’ombre de la violence, révélant à la fois la banalité des monstres et la fragilité de ceux qui en ont été victimes.

Ce que ça pourrait changer

*La Frappe* est sorti le 2 septembre 2026, distribué par la société Ad Vitam. Le film dure 1 heure et 46 minutes. Ad Vitam est une maison de production et de distribution cinématographique française, spécialisée dans les films d’auteur et les projets ambitieux. Le film a été salué pour sa capacité à captiver le spectateur malgré sa complexité thématique. La sortie en salles marque une étape importante pour Julien Gaspar-Oliveri, qui confirme avec ce premier long-métrage son talent pour aborder des sujets difficiles avec justesse et intensité. Le film s’adresse à un public adulte, curieux mais non expert, en proposant une réflexion sur la violence ordinaire et ses conséquences psychologiques.

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