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Valiantsin Stefanovich, ancien prisonnier biélorusse

France Culture - Savoirs · mis à jour 2 oct.

Défenseur des droits humains bélarusse, Valiantsin Stefanovich a passé cinq ans en prison, dont huit mois à l’isolement, pour son travail avec le centre des droits humains Viasna. Libéré et réfugié en Pologne, il veut désormais témoigner des tortures et de la répression du régime de Loukachenko..

Qui est Valiantsin Stefanovich

Valiantsin Stefanovich est un défenseur des droits humains biélorusse, né en Biélorussie, un pays d’Europe de l’Est dirigé depuis 1994 par Alexandre Loukachenko, souvent qualifié de dernier dictateur d’Europe. Il a travaillé pour le Centre de Défense des droits humains Viasna (dont le nom signifie printemps en biélorusse), une organisation qui soutient les opposants politiques et documente les violations des droits humains dans le pays. Viasna est considérée comme une organisation extrémiste par le régime depuis 2003, ce qui signifie que son site web est bloqué en Biélorussie et que toute personne qui le consulte s’expose à des poursuites judiciaires. En 2021, Valiantsin Stefanovich a été arrêté, condamné à 9 ans de prison, puis libéré après cinq ans de détention, dont huit mois passés en isolement dans des conditions très dures.

Les conditions de détention

Valiantsin Stefanovich a subi des conditions de détention extrêmement difficiles en Biélorussie. Après son arrestation le 14 juillet 2021, il a d’abord été placé dans un camp d’internement, puis transféré dans une prison où il a porté un badge jaune avec le numéro 10, un signe distinctif réservé aux prisonniers politiques pour les isoler des détenus de droit commun. Il a passé près de huit mois en isolement dans une cellule de 5 m² appelée Shizo, un système hérité de l’époque soviétique. Dans cette cellule, il dormait sur une planche en bois fixée au mur, sans matelas, et ne pouvait s’asseoir que sur une petite chaise également fixée au sol. Les températures y étaient glaciales en hiver, et les visites de sa famille lui étaient interdites. Une fois transféré dans une autre prison, ses droits restaient très limités : il ne pouvait appeler sa famille qu’une fois par mois pendant 15 minutes et ne rencontrait ses proches qu’une fois par an. Il décrit ces conditions comme de la torture et compare cette expérience à l’époque de Staline.

Libération et exil en Pologne

Valiantsin Stefanovich a été libéré après cinq ans de détention, grâce à des pressions diplomatiques exercées notamment par les États-Unis. À sa sortie de prison, il a été expulsé vers la Lituanie, sans pouvoir récupérer son passeport biélorusse. Il a ensuite rejoint sa femme et ses enfants, déjà installés en Pologne, où il a obtenu une protection internationale. Depuis son arrivée, il semble avoir retrouvé une certaine sérénité, comme en témoigne une photo prise quelques jours après sa libération à Varsovie, où il apparaît en meilleure forme physique. La Pologne est devenue un pays d’accueil pour de nombreux opposants et militants biélorusses fuyant la répression du régime de Loukachenko.

Témoignage contre la répression

Même en prison, Valiantsin Stefanovich a continué à jouer un rôle actif en tant que défenseur des droits humains. Il a documenté les conditions de détention, les tortures et les violations des droits des prisonniers politiques, malgré l’impossibilité de conserver des preuves physiques. Son objectif est désormais de partager son témoignage pour contribuer à la transition démocratique en Biélorussie. Il évoque l’exemple des commissions spéciales pour la vérité mises en place en Amérique du Sud après la chute des juntes militaires, qui ont permis de recueillir des preuves sur les crimes commis (tortures, détentions arbitraires, exécutions extrajudiciaires) et de réhabiliter les victimes. À ce jour, le régime de Loukachenko maintient encore près d’un millier de prisonniers politiques derrière les barreaux, selon les estimations.

Ce que ça pourrait changer

Valiantsin Stefanovich ne craint plus le régime de Loukachenko, qu’il considère comme incapable de lui infliger des souffrances pires que celles déjà endurées. Il souhaite utiliser son expérience pour demander des comptes au régime lorsque celui-ci tombera, en s’appuyant sur les témoignages des victimes et les preuves collectées. Son combat s’inscrit dans une lutte plus large pour la démocratie et les droits humains en Biélorussie, un pays où la répression des opposants politiques reste intense. Son histoire illustre le courage des militants qui risquent leur liberté pour défendre des valeurs fondamentales, malgré les risques encourus.

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