Un système européen de collecte de données biométriques confond des sœurs jumelles
Entrée en vigueur en avril, une version numérique du système d’entrée/de sortie de l’Union européenne “a du mal à faire la différence entre des jumelles identiques”, révèle “Politico Europe”..
L’Union européenne a mis en place le 10 avril 2025 un système d’entrée/de sortie numérique pour les voyageurs originaires de pays tiers à l’UE et à l’espace Schengen. Ce dispositif remplace les tampons physiques dans les passeports par une collecte de données biométriques, comme les empreintes digitales et les scans du visage. L’objectif est de moderniser les contrôles aux frontières et de renforcer la sécurité. Cependant, ce système a rapidement révélé des failles techniques, notamment des difficultés à distinguer des individus très similaires, comme des sœurs jumelles. Les voyageurs doivent désormais se soumettre à des procédures plus longues, avec des files d’attente pour les scans biométriques.
En mai 2025, une Britannique a été interrogée par la police roumaine à l’aéroport de Cluj-Napoca alors qu’elle s’apprêtait à rentrer au Royaume-Uni. Les autorités l’accusaient d’avoir séjourné illégalement dans l’espace Schengen, affirmant que son départ d’Amsterdam en avril 2026 n’avait pas été enregistré. Pourtant, cette femme n’avait jamais voyagé aux Pays-Bas à cette date. L’erreur provenait en réalité de sa sœur jumelle, qui s’était rendue à Amsterdam le 12 avril 2025. Le système biométrique avait confondu leurs données, illustrant une faille majeure dans le traitement des informations.
La police des frontières roumaine a reconnu que le système biométrique avait fonctionné correctement, mais que les données numériques n’avaient pas été vérifiées manuellement par un agent, comme cela aurait dû être fait. Cette erreur de procédure a conduit à la confusion entre les deux sœurs. Pour éviter de nouveaux incidents, une formation spécifique sera dispensée au personnel en charge des contrôles aux frontières. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a également admis que le système présentait des problèmes techniques nécessitant des améliorations.
Les données biométriques sont des informations uniques et mesurables liées à une personne, comme les empreintes digitales, le visage ou l’iris. Dans le cadre du système d’entrée/de sortie de l’UE, ces données sont collectées pour identifier précisément les voyageurs et éviter les fraudes ou les erreurs d’identification. Le système vise à sécuriser les frontières tout en facilitant les déplacements. Cependant, comme le montre l’exemple des sœurs jumelles, la fiabilité de ce système dépend de la qualité des données enregistrées et de leur vérification par les agents.
L’incident s’est produit dans un contexte où l’Union européenne cherche à renforcer ses contrôles aux frontières tout en modernisant ses outils. Le système d’entrée/de sortie, entré en vigueur le 10 avril 2025, est une initiative majeure pour remplacer les tampons physiques dans les passeports. Cependant, les retards et les erreurs de traitement des données ont révélé des lacunes dans sa mise en œuvre. Cet épisode survient alors que la Commission européenne, dirigée par Ursula von der Leyen, est critiquée pour sa gestion de certains dossiers, comme le souligne un article du *Courrier international*.

