Comment la fonte d’un seul glacier en Antarctique pourrait affecter des dizaines de millions de personnes
Si le glacier Thwaites, en Antarctique, disparaissait complètement, cela pourrait accélérer drastiquement la montée du niveau des mers sur toute la planète. “The New York Times” s’est appuyé sur des données scientifiques pour évaluer les conséquences potentielles de ce phénomène sur les villes de 300 000 habitants ou plus, situées à moins de 160 kilomètres de la côte..
Le glacier Thwaites, situé en Antarctique, est surnommé le glacier de l’Apocalypse en raison de sa taille imposante et de son rôle critique dans la stabilité des glaces environnantes. Avec une superficie comparable à celle de la Floride (environ 192 000 km²), il agit comme un bouchon retenant une partie des glaciers de l’Antarctique occidental. Sa fonte accélérée, observée depuis plusieurs décennies, est particulièrement alarmante : en 2026, les scientifiques estiment qu’il pourrait disparaître entièrement, ce qui libérerait d’énormes quantités d’eau gelée dans l’océan. Ce glacier est surveillé de près car sa disparition déclencherait une réaction en chaîne, accélérant la fonte des glaces voisines et aggravant la montée des eaux à l’échelle mondiale.
Si le glacier Thwaites fondait complètement, il contribuerait à une élévation du niveau des océans d’environ 60 centimètres sur plusieurs décennies, selon les projections des chercheurs. Cette hausse, bien que modeste en apparence, aurait des conséquences dramatiques pour les populations côtières. Le New York Times a analysé les données et identifié des villes de plus de 300 000 habitants situées à moins de 160 kilomètres des côtes qui seraient directement menacées. Par exemple, des métropoles comme New York, Miami, Mumbai ou Shanghai pourraient subir des inondations répétées, des pertes de territoires habitables et des déplacements massifs de populations. Les zones les plus basses par rapport au niveau de la mer seraient les premières affectées.
Le glacier Thwaites joue un rôle de stabilisateur pour les glaciers environnants. Sa disparition pourrait provoquer un effondrement en cascade de l’Antarctique occidental, une région contenant suffisamment de glace pour faire monter le niveau des mers de 3 à 4 mètres à long terme. Richard Alley, chercheur spécialiste des glaces, explique que Thwaites agit comme un verrou : une fois ce verrou brisé, les glaciers adjacents se désintégreraient à leur tour, libérant des volumes d’eau encore plus importants. Ce phénomène s’ajouterait à la fonte déjà en cours du Groenland, aggravant encore la montée des eaux. Les scientifiques estiment que ce processus pourrait s’étaler sur plusieurs siècles, mais ses effets deviendraient irréversibles une fois enclenchés.
Les cartes publiées par le New York Times illustrent l’ampleur des risques pour les zones côtières. Des villes comme Venise en Italie, Dacca au Bangladesh, ou encore Jakarta en Indonésie, seraient particulièrement vulnérables en raison de leur faible altitude et de leur densité démographique. Par exemple, le Bangladesh, avec une population de 165 millions d’habitants, verrait une grande partie de son territoire submergée, entraînant le déplacement de millions de personnes. En Europe, des pays comme les Pays-Bas ou la Belgique seraient également touchés, avec des risques accrus d’inondations et de salinisation des sols agricoles. Ces déplacements massifs pourraient générer des crises humanitaires et des tensions géopolitiques.
En 2026, une expédition scientifique internationale a été menée en Antarctique pour étudier l’état du glacier Thwaites et évaluer la rapidité de sa fonte. Les chercheurs ont utilisé des outils comme des forages, des satellites et des robots sous-marins pour collecter des données précises. Leur objectif est de mieux comprendre les mécanismes en jeu et d’anticiper les scénarios futurs. Cependant, les solutions pour limiter ces risques restent limitées : réduire les émissions de *gaz à effet de serre* (comme le CO₂) est essentiel pour ralentir le réchauffement climatique, mais une fois le processus de fonte enclenché, il devient difficile de l’arrêter. Les gouvernements et les organisations internationales sont appelés à renforcer les mesures d’adaptation, comme la construction de digues ou le déplacement des populations, tout en accélérant les recherches pour trouver des solutions innovantes.

