During the World Cup, tourists chose Airbnb over unionized hotels in Vancouver
Short-term rentals are increasing the precarity of hospitality work, while exacerbating Vancouver's rental and affordability crisis The post During the World Cup, tourists chose Airbnb over unionized hotels in Vancouver appeared first on Ricochet..
Lors de la Coupe du monde 2026 à Vancouver, de nombreux touristes ont préféré louer des logements sur des plateformes comme Airbnb plutôt que de séjourner dans des hôtels. Cette tendance a surpris les professionnels du secteur, car l'événement était censé booster l'activité hôtelière. Les touristes ont été attirés par des prix plus abordables sur ces plateformes, malgré les risques liés à la légalité de certaines locations. Par exemple, des propriétaires ont évincé des locataires pour transformer leurs logements en locations touristiques à court terme, profitant de la hausse des prix pendant l'événement. Vancouver compte plus de 6 500 locations de vacances, dont plus de 5 000 sont des logements entiers, potentiellement utilisables pour des locataires permanents.
La préférence pour Airbnb a eu un impact financier majeur sur les hôtels de Vancouver. L'Association des hôtels de la Colombie-Britannique a enregistré une baisse de 15 % de l'occupation hôtelière en centre-ville par rapport à l'année précédente. Certains hôtels affichaient des taux d'occupation entre 20 % et 30 % seulement, alors qu'ils atteignent normalement 90 % en haute saison. Les prix des chambres ont explosé, atteignant jusqu'à 2 200 $ par nuit, contre une moyenne habituelle de 400 à 600 $. Cette stratégie de tarification a finalement découragé les touristes, qui se sont tournés vers des alternatives moins chères. Les hôtels, souvent syndiqués et offrant des salaires décents, ont subi une perte de revenus inattendue.
La plateforme Airbnb a joué un rôle actif dans cette situation. En 2025, elle a mené une campagne de lobbying pour assouplir les réglementations sur les locations touristiques à court terme dans les trois pays hôtes de la Coupe du monde, dont le Canada. Ces efforts visaient à faciliter l'expansion des locations sur sa plateforme. Airbnb a dépensé des millions pour influencer les politiques locales, utilisant l'engouement autour de l'événement comme argument. Cette stratégie a contribué à une offre accrue de logements touristiques, réduisant encore la demande pour les hôtels traditionnels.
Les travailleurs du secteur hôtelier, représentés par le syndicat UNITE HERE Local 40, ont été les premières victimes de cette situation. En prévision de la Coupe du monde, ils ont manifesté pour exiger des contrats équitables et de meilleures conditions de travail. Pourtant, les promesses de forte demande ne se sont pas concrétisées. Les hôtels ont réduit les effectifs et les horaires, avec certains employés ne travaillant qu'une ou deux journées par semaine au lieu de leur plein temps habituel. Les pourboires ont également diminué, reflétant une baisse de la qualité du service. Les travailleurs ont absorbé les conséquences financières d'une prévision exagérée de la demande.
La baisse de l'occupation hôtelière à Vancouver s'inscrit dans un contexte plus large de crise du logement et de précarité économique. Le secteur de l'hôtellerie et de la restauration représente 11 % de l'emploi total dans la ville, avec plus de 7 200 employés. La hausse des prix des logements et la pénurie de logements abordables sont des problèmes persistants. Les locations touristiques à court terme, comme celles proposées sur Airbnb, aggravent cette situation en réduisant l'offre de logements disponibles pour les résidents permanents. Les autorités locales et les acteurs du tourisme avaient anticipé une pénurie d'hôtels pour la Coupe du monde, mais la réalité a montré un excès de capacité et une demande bien inférieure aux attentes.
Cette situation met en lumière les risques d'une surévaluation de la demande pour des événements majeurs. Les travailleurs du secteur hôtelier, souvent syndiqués et mieux protégés que dans d'autres branches, ont subi les conséquences d'une prévision trop optimiste. Michelle Travis, porte-parole de *UNITE HERE Local 40*, souligne que les hôteliers n'auraient pas dû être négligés dans les calculs de rentabilité. Elle critique les promoteurs, propriétaires, plateformes de réservation et gouvernements qui ont surestimé la demande, créant une bulle artificielle. Cette expérience devrait servir de leçon pour les prochains grands événements internationaux, afin d'éviter une nouvelle fois de faire payer le prix fort aux travailleurs.

