Which spiritual and political issues will be the focus of Pope Leo XIV’s visit to France?
KEY TAKEAWAYS The Catholic Church of France will welcome Pope Leo XIV from September 25 to 28 2026. The Pope will address young people at the Stade de France, thus following in the footsteps of his predecessor John Paul II in 1980.
Le pape Leo XIV effectuera une visite officielle en France du 25 au 28 septembre 2026, qualifiée d'« apostolic journey » (voyage apostolique), ce qui signifie qu’il s’agit avant tout d’une rencontre religieuse en tant que chef de l’Église catholique. Bien qu’il soit également chef d’État du Vatican, cette visite n’est pas un déplacement diplomatique classique. Le pape sera reçu par le président français Emmanuel Macron et d’autres responsables politiques, ce qui lui donne une dimension officielle. Cette visite intervient à un moment stratégique, avant les élections présidentielles françaises, pour éviter que son déplacement ne soit instrumentalisé par les candidats. Leo XIV a des liens personnels avec la France, puisque sa grand-mère paternelle était originaire du Havre et que son père a participé aux débarquements en Normandie et en Provence pendant la Seconde Guerre mondiale. Contrairement à son prédécesseur François, il parle couramment le français, l’une des langues officielles du Vatican.
Une des priorités de la visite du pape sera de s’adresser aux jeunes Français, un public central pour l’Église catholique en France. Historiquement, la France était surnommée « la Fille aînée de l’Église » (expression du XIXe siècle), en raison de son rôle historique dans la diffusion du christianisme en Europe. Cependant, depuis les années 1960, l’Église catholique française traverse une crise marquée par une baisse de la pratique religieuse et des scandales liés aux abus sexuels. Malgré cela, on observe une hausse de 300 % des baptêmes d’adultes depuis 2022, principalement chez des jeunes âgés de 18 à 40 ans. Le pape organisera une veillée de prière au Stade de France le 26 septembre, réunissant environ 80 000 personnes (contre 50 000 en 1980 lors de la visite de Jean-Paul II). Cet événement s’inscrit dans la tradition des Journées mondiales de la jeunesse, lancées par Jean-Paul II, qui visent à renforcer la foi des jeunes générations.
Lors de son déplacement, le pape abordera les enjeux liés à l’intelligence artificielle (IA) lors d’un discours à l’UNESCO le 27 septembre. Cette intervention s’inscrit dans le cadre de sa première encyclique, Magnifica Humanitas (2026), qui traite de la protection de la dignité humaine à l’ère de l’IA. Le pape y soulignera les risques et opportunités de l’IA dans des domaines comme l’éducation, l’information et la création artistique. Aucun pape n’avait pris la parole à l’UNESCO depuis Jean-Paul II en 1980, bien que Benoît XVI ait dialogué avec le monde culturel en 2008 au Collège des Bernardins à Paris. Cette prise de position reflète une préoccupation croissante de l’Église catholique face aux transformations technologiques et à leur impact sur les valeurs humaines.
Le pape se rendra à Metz, dans le nord-est de la France, pour rendre hommage à Robert Schuman, l’un des « Pères de l’Europe » et figure majeure du mouvement démocrate-chrétien. Schuman, enterré à Scy-Chazelles près de Metz, a joué un rôle clé dans la construction européenne en proposant, en 1950, la création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA). Cette initiative visait à éviter de nouveaux conflits en Europe après la Seconde Guerre mondiale en unissant les intérêts économiques des pays. Schuman, issu du mouvement démocrate-chrétien, s’inspirait de la doctrine sociale de l’Église, notamment de l’encyclique Rerum Novarum (1891) du pape Léon XIII, qui prônait une action sociale chrétienne. Le pape prononcera un discours au Centre Robert Schuman, après une rencontre interreligieuse, sous le titre « Aux racines de l’Europe pour la paix et l’unité ».
Le pape visitera également Lourdes, un lieu de pèlerinage majeur pour les catholiques du monde entier. Bien que le nombre de visiteurs diminue légèrement, 60 % des pèlerins viennent de l’étranger, ce qui en fait un symbole de la dimension internationale du voyage. À Lourdes, le pape rencontrera des malades et des victimes de violences sexuelles, deux groupes étroitement liés à la mission du sanctuaire. Cette étape illustre l’engagement de l’Église catholique en faveur de la solidarité humaine et de la protection des plus vulnérables. Le choix de Lourdes comme destination reflète aussi l’importance de la France dans l’histoire religieuse mondiale et son rôle dans la diffusion du christianisme.
Le voyage du pape en France combine des **enjeux religieux** et **politiques**. Sur le plan religieux, il s’agit de revitaliser la foi catholique en France, où l’Église fait face à un déclin structurel, tout en répondant à une **renaissance partielle** des conversions parmi les jeunes adultes. Sur le plan politique, le pape abordera des thèmes comme **l’Europe**, la **paix** et les **défis éthiques de l’IA**, qui sont au cœur des préoccupations contemporaines. Ces sujets s’inscrivent dans une vision globale de l’Église catholique, qui encourage les fidèles à s’engager pour un monde plus juste et plus humain. La visite intervient dans un contexte où les relations entre la France et le Vatican sont parfois tendues, notamment sur des questions sociétales comme le mariage homosexuel ou l’avortement.

