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Culture

5 films repérés à Locarno 2026

Trois Couleurs · mis à jour il y a 20 j

Désirs contrariés, corps indociles, adolescents à la dérive, solitudes choisies ou subies : on vous parle de cinq longs métrages qui ont retenu notre attention à Locarno 2026. Le palmarès sera dévoilé ce samedi 15 août..

Triangle amoureux revisité

Le film Brave New Love, réalisé par la Suédoise Maria Bäck, propose une réinterprétation originale du triangle amoureux classique. L’histoire suit Kate, une femme mariée et mère d’une petite fille, dont la vie bascule lorsqu’elle apprend que son amant, avec qui elle a une relation platonique, part en Grèce. Le film se distingue par son humour absurde, illustré par une scène d’ouverture où Kate apparaît nue en forêt, et par des séquences oniriques comme un cercle de la honte où des femmes se confessent à une prêtre atypique. Maria Bäck y explore la complexité des désirs humains et des relations amoureuses, en bousculant les stéréotypes traditionnels. Le long métrage a été présenté dans la section Concorso Internazionale du festival de Locarno 2026, qui récompense les films en compétition officielle.

École de bonnes manières

Small Talk, réalisé par le documentariste Mateo Ybarra, plonge le spectateur dans une institution suisse fictive mais inspirée de la réalité : une école réservée aux femmes, enseignant les bonnes manières de manière moderne. Le film suit Charlie, une jeune femme ambitieuse issue d’un milieu modeste, qui rêve de s’intégrer à la haute société et de partir à Dubaï pour y faire fortune. À travers une esthétique visuelle rétro, le film montre comment Charlie, habituellement impulsive, se plie aux codes de l’élégance, de l’art de la conversation et des conventions sociales. Mateo Ybarra, déjà connu pour ses documentaires Sur nos monts (2022) et Camp d’été (2025), signe ici un docu-fiction qui mêle observation sociale et fiction, sans tomber dans le cynisme. Le film a été sélectionné dans la section Concorso Cineasti del Presente, dédiée aux réalisateurs émergents.

Solitude et rédemption

L’estive, premier long métrage des réalisateurs Naël Khleifi et Lisa Debauche, raconte l’histoire de Hana, une bergère solitaire et taciturne qui vit recluse dans les Alpes. Son quotidien est bouleversé par l’arrivée de Lisa, une jeune femme venue l’aider à s’occuper des animaux. Ce film explore les thèmes de la solitude, de l’exil et des liens humains à travers des plans rapprochés et des dialogues à double sens. Les réalisateurs tissent un parallèle subtil entre la condition des animaux et celle des réfugiés, comme Hana, qui a fui le Liban pour se reconstruire en Europe. Présenté dans la section Concorso Cineasti del Presente, ce film met en lumière les histoires de populations marginalisées, souvent invisibilisées au cinéma.

Adolescents et déterminismes

Ketticè, réalisé par Giovanni Tortorici, plonge le spectateur en 2012 à Palerme, en Italie, sous le régime de Silvio Berlusconi. Le film suit deux adolescents aux parcours opposés : Giulio, issu de la bourgeoisie, et Ketti, issue d’un milieu populaire. Giulio, en quête d’une trophy girlfriend pour satisfaire ses parents, incarne les attentes d’une classe aisée, tandis que Ketti, victime de slutshaming (humiliation publique liée à la sexualité), se rebelle contre les normes sociales. Tortorici, ancien assistant de Luca Guadagnino, utilise des jeux de perspectives, des contre-plongées et une esthétique stoner movie (inspirée des films sur la culture cannabique) pour dépeindre leur lutte contre les déterminismes sociaux. Le film a été sélectionné dans la section Concorso Internazionale du festival.

Ce que ça pourrait changer

*I Rarely Wake Up Dreaming*, réalisé par l’Allemande Isabelle Stever, suit Olya et Oleh, un couple queer ukrainien dont la vie bascule avec l’invasion russe. Le film explore la guerre à travers le corps et l’intimité, en montrant comment la douceur des premiers instants (chambres baignées de lumière, corps enlacés) se brise sous les bombes. La transition de genre d’Oleh devient un enjeu politique : pour faire reconnaître son identité dans ses papiers, il doit se rendre au front, où les normes de genre sont exacerbées. Isabelle Stever utilise une esthétique crépusculaire et un sens aigu du cadre pour illustrer comment la guerre réactive les violences systémiques. Présenté dans la section *Concorso Internazionale*, ce film aborde des thèmes contemporains comme l’identité, la survie et la résistance face à l’oppression.

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