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Philosophie

Déstabiliser le pouvoir adulte(iste)

AOC Media · mis à jour 5 oct.

À Belfort, un flic noie un enfant. Au Blanc-Mesnil, un élève est percuté par un policier à moto.

Violence policière ciblée

L’article évoque plusieurs cas de violences policières envers des enfants et adolescents en France en octobre 2026. À Belfort, un policier noie un enfant, tandis qu’à Blanc-Mesnil, un élève est percuté par un policier à moto. Dans le Val-d’Oise, un adolescent nommé Eden reçoit un tir de lance-grenade au visage. Ces exemples illustrent une tendance systémique où la police utilise une force disproportionnée, notamment dans des lieux comme les lycées, pour maintenir l’ordre et préserver des espaces de pouvoir. Les chiffres cités sont alarmants : 1 747 interpellations le 2 octobre 2026 et 5 000 depuis le lundi précédent, montrant une escalade de la répression. Ces actes s’inscrivent dans une logique de contrôle social, où la violence est justifiée par la préservation de l’autorité adulte et institutionnelle.

Cibles privilégiées

Les enfants et adolescents visés par ces violences policières sont majoritairement issus de minorités ethniques, notamment des populations noires et nord-africaines. L’article souligne que ces groupes sont systématiquement suspectés et criminalisés dès leur présence dans l’espace public, à travers des termes comme délinquant·es ou MNA (Mineur·es Non Accompagné·es). Cette stigmatisation repose sur des préjugés racistes et des mécanismes de contrôle social hérités du colonialisme. Les auteur·rices rappellent que ces populations ont moins de chances de porter plainte ou d’obtenir justice, en raison de barrières systémiques (difficultés économiques, peur des représailles, méfiance envers les institutions). Par exemple, les familles de quartiers populaires sont souvent critiquées dans les médias pour leur incapacité à « tenir leurs enfants », une rhétorique qui renforce la surveillance et la répression policière.

Colonialisme et État raciste

L’autrice établit un lien entre les violences policières contemporaines et les pratiques coloniales du passé, notamment en Algérie. Elle cite des théoricien·nes comme Elsa Dorlin, Didier Fassin ou Mathieu Rigouste pour expliquer que la police française agit comme un outil de l’État raciste, perpétuant une violence structurelle. Cette violence vise à maintenir un monopole absolu de la violence (concept théorisé par le sociologue Max Weber) et à empêcher toute remise en question de l’ordre établi. Les exemples de tortures coloniales, comme l’immersion forcée de la tête dans l’eau, sont comparés aux méthodes policières actuelles. L’objectif reste inchangé : préserver les privilèges des groupes dominants et étouffer toute velléité d’insurrection ou de contestation, notamment chez les jeunes des quartiers populaires.

Insurrection des jeunes

Face à cette répression, les adolescent·es des quartiers populaires répondent par des formes de résistance, qualifiées d’insurrection par l’autrice. Ces actes de contestation, souvent spontanés et joyeux, visent à déstabiliser l’autorité adulte et institutionnelle. L’article souligne que ces jeunes, en refusant la soumission et en occupant l’espace public, remettent en cause les mécanismes de contrôle social imposés par l’État et les médias. Par exemple, les mouvements de protestation contre les violences policières, comme ceux observés en octobre 2026, illustrent cette dynamique de résistance. Ces insurrections sont perçues comme une parole politique par les théoricien·nes cité·es, car elles défient directement les structures de pouvoir en place.

Critique de la cellule familiale

L’article critique la pression exercée sur les familles des quartiers populaires pour qu’elles adoptent un rôle de gardien·nes de prison envers leurs enfants. Les médias et les institutions encouragent une surveillance accrue des adolescent·es, avec l’objectif de les rendre calmes, obéissant·es et productif·ves à l’école. Cette rhétorique, souvent relayée par des commentaires comme « Tenez vos enfants », vise à intégrer ces jeunes dans un système éducatif et social normatif. Cependant, cette approche est dénoncée comme une forme de séquestration, reproduisant les logiques carcérales de l’État. Les familles sont ainsi sommées de participer à leur propre marginalisation, en limitant la liberté de leurs enfants pour éviter les conflits avec les institutions.

Ce que ça pourrait changer

L’autrice mentionne des dispositifs comme *Parcoursup* et les emplois du temps surchargés comme des outils de contrôle institutionnel sur les jeunes. Ces mécanismes, souvent présentés comme neutres, participent en réalité à une *discipline sociale* (concept développé par Michel Foucault) visant à normaliser les comportements. Parcoursup, par exemple, est un système d’orientation post-bac qui limite les choix des élèves en fonction de critères économiques et sociaux, renforçant les inégalités. Les emplois du temps surchargés, quant à eux, épuisent les adolescent·es et les empêchent de s’engager dans des activités contestataires. Ces outils s’inscrivent dans une logique plus large de *pouvoir adulte(iste)* (terme utilisé dans le titre), où les institutions imposent des normes de conduite aux jeunes pour maintenir l’ordre social.

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