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En Norvège, les essence et diesel ont presque disparu : 98 % des voitures neuves vendues en juillet étaient 100% électriques

Science & Vie · mis à jour 27 août

En juillet, presque toutes les voitures neuves immatriculées en Norvège fonctionnaient sans carburant. L’électrique ne représente pourtant encore qu’un tiers des véhicules particuliers présents sur les routes..

Succès norvégien

En juillet 2026, la Norvège a enregistré un record historique : 98 % des voitures neuves vendues étaient entièrement électriques, c’est-à-dire fonctionnant sans essence ni diesel. Ce chiffre illustre une transition accélérée vers la mobilité verte dans ce pays scandinave. Pour comparaison, en 2020, seulement 54 % des ventes concernaient des véhicules électriques, montrant une progression fulgurante en six ans. Cette performance place la Norvège en tête mondiale de l’adoption des voitures électriques, devant des pays comme la Chine ou les États-Unis. Le gouvernement norvégien a joué un rôle clé en mettant en place des incitations fiscales et des avantages pour les acheteurs de véhicules propres, comme des taxes réduites ou l’accès à des voies réservées.

Disparition des fossiles

La quasi-disparition des voitures thermiques (essence et diesel) en Norvège s’explique par une politique publique volontariste. Dès les années 2010, le pays a instauré des exonérations fiscales pour les véhicules électriques, comme l’absence de taxe d’achat ou de TVA réduite à 0 %. Les conducteurs bénéficient aussi de tarifs préférentiels pour le stationnement et les péages urbains. Résultat : en juillet 2026, les ventes de voitures à moteur thermique représentaient moins de 2 % du marché. Cette transition a été facilitée par un réseau de bornes de recharge dense et une électricité majoritairement produite à partir d’énergies renouvelables, comme l’hydroélectricité, réduisant l’empreinte carbone des véhicules électriques.

Modèle économique

La Norvège a combiné plusieurs leviers pour atteindre cet objectif. D’abord, des subventions directes pour les acheteurs, comme des bonus écologiques pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros. Ensuite, des restrictions progressives pour les véhicules polluants, comme l’interdiction des voitures thermiques neuves à partir de 2025 dans certaines zones. Enfin, une fiscalité avantageuse pour les constructeurs automobiles, qui ont massivement investi dans la production de modèles électriques pour ce marché. Cette stratégie a attiré des entreprises comme Tesla, Volkswagen ou BMW, qui y ont lancé des modèles adaptés. Le coût de cette transition a été partiellement compensé par les recettes fiscales perdues sur les carburants, mais le pays mise sur des gains à long terme en santé publique et en réduction des émissions de CO₂.

Défis persistants

Malgré ce succès, la Norvège fait face à des défis. Le premier concerne l’autonomie des véhicules électriques, encore limitée pour les longs trajets en hiver, où les températures froides réduisent la performance des batteries. Le deuxième est l’approvisionnement en métaux rares, comme le lithium ou le cobalt, utilisés dans les batteries, dont l’extraction pose des questions environnementales et éthiques. Enfin, la dépendance aux subventions publiques soulève des interrogations sur la pérennité du modèle, surtout si les prix des voitures électriques ne baissent pas suffisamment pour devenir accessibles sans aides. Ces enjeux rappellent que la transition écologique nécessite des adaptations continues.

Ce que ça pourrait changer

L’exemple norvégien inspire d’autres pays. Des nations comme les Pays-Bas, la Suède ou la France ont adopté des mesures similaires, bien que moins ambitieuses. La Norvège montre qu’une politique publique cohérente, combinant incitations financières et réglementations strictes, peut transformer rapidement un marché automobile. Cependant, son modèle repose sur des ressources spécifiques, comme une électricité bon marché et abondante, ainsi qu’une faible densité de population facilitant l’expansion des bornes de recharge. D’autres pays devront adapter ces solutions à leur contexte local pour reproduire ce succès. Cette transition s’inscrit dans une dynamique mondiale visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre liées aux transports.

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