Dépenses en frais d’hôtel : un autre wagon s’attache au « gravy train » de Doug Ford
Le gouvernement Ford tente de tourner la page après des critiques sur sa gestion des fonds publics..
Le gouvernement de Doug Ford, en Ontario, est critiqué pour des dépenses excessives en frais d’hôtel de ses députés progressistes-conservateurs. Ces remboursements concernent des séjours à Toronto, la capitale provinciale, alors que plusieurs élus habitent à moins de 50 kilomètres de l’Assemblée législative ontarienne (Queen’s Park). Par exemple, Stan Cho, ancien ministre du Tourisme, a facturé 16 000 dollars canadiens depuis 2023, tandis que Hardeep Grewal en a réclamé 27 000 et Nina Tangri 19 000. Ces montants ont suscité l’indignation, car ils semblent contredire l’image d’austérité fiscale que le premier ministre Ford souhaite projeter. Une règle permet pourtant le remboursement dans des circonstances exceptionnelles, comme des tempêtes de neige, mais son application est jugée abusive par l’opposition.
Face à la polémique, Doug Ford a qualifié ces dépenses d’inacceptables et promis de restituer chaque dollar aux contribuables ontariens. Cette affaire rappelle un autre scandale précédent : l’achat d’un avion pour ses déplacements, finalement revendu à Bombardier pour 200 000 dollars après des critiques massives. Le gouvernement tente de rétablir son image de gestion rigoureuse des fonds publics, notamment en gelant les embauches et en réduisant de 10 postes son effectif, ce qui devrait économiser plus d’un million de dollars par an. Pourtant, la masse salariale du bureau du premier ministre a augmenté de 150 % depuis 2019, dépassant les 8 millions de dollars en 2025, un chiffre qui alimente les critiques sur le train de vie de l’exécutif.
La cheffe de l’opposition officielle, Marit Stiles (NPD), a dénoncé un gravy train (train de vie luxueux financé par les contribuables) sous Doug Ford. Elle souligne que des sommes comme 16 000 dollars, jugées modestes par le gouvernement, représentent une fortune pour la majorité des Ontariens. Stiles rappelle que Doug Ford et son frère, l’ancien maire de Toronto Rob Ford, s’étaient présentés comme des défenseurs de l’économie des fonds publics. Aujourd’hui, leur gouvernement est accusé de reproduire les mêmes excès qu’ils dénonçaient autrefois. L’opposition demande des comptes sur la gestion des dépenses publiques, tandis que le gouvernement tente de calmer la polémique en supprimant la règle controversée sur les frais d’hôtel.
Pour éviter d’aggraver la crise, Stan Cho a démissionné de son poste de ministre du Tourisme, de la Culture et des Jeux, tout en restant député. Son départ illustre une stratégie récurrente du gouvernement Ford : sacrifier un ministre pour préserver le premier ministre des critiques. D’autres ministres, comme David Piccini, Kaleed Rasheed et Steve Clark, avaient déjà quitté leurs fonctions dans des scandales similaires, sans que Doug Ford ne les limoge lui-même. Ce schéma montre une tendance à minimiser les conséquences pour le premier ministre, qui maintient sa confiance en ses collaborateurs malgré les controverses. La suppression de la règle sur les frais d’hôtel est la seule mesure concrète annoncée pour l’instant.
Cette affaire survient alors que l’Ontario est confrontée à des défis majeurs, comme les feux de forêt qui ont mobilisé l’attention des médias et de la population cette semaine. Le gouvernement Ford, qui se veut fiscalement responsable, voit sa crédibilité érodée par ces dépenses répétées. Les oppositions, notamment le NPD, profitent de ces scandales pour critiquer sa gestion des fonds publics. Malgré les promesses de transparence et d’austérité, les chiffres montrent une augmentation significative des coûts administratifs, comme la hausse de 150 % de la masse salariale du bureau du premier ministre depuis 2019. Ces éléments alimentent un climat de défiance envers l’exécutif provincial.

