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Présidentielle : le moment de vérité pour Les Écologistes ?

The Conversation France · mis à jour 28 sept.

L’ESSENTIEL Les militants écologistes voteront en décembre pour acter leur stratégie présidentielle. Le parti écologiste est fracturé : certains souhaitent une alliance avec La France insoumise (LFI), d’autres avec le Parti socialiste (PS).

Stratégies électorales en jeu

Les Écologistes doivent choisir entre trois stratégies pour la présidentielle de 2027 : une alliance avec La France insoumise (LFI) dès le premier tour, une alliance avec le Parti socialiste (PS), ou une candidature indépendante. La première option, soutenue par Sandrine Rousseau, favoriserait LFI et pourrait garantir un bon accord pour les législatives suivantes. La deuxième, souhaitée par le PS, offrirait moins de circonscriptions aux Écologistes en raison de la concurrence dans les zones urbaines. Le maintien d'une candidature écologiste indépendante, défendu par Marine Tondelier, permettrait de conserver une présence électorale similaire aux précédentes élections (2022 et 2024).

Contexte historique tendu

Depuis leur création en 1984, Les Écologistes ont obtenu leurs meilleurs résultats lors d'élections avec un mode de scrutin proportionnel ou mixte, comme les européennes ou les locales. Cependant, les élections présidentielle et législatives, basées sur un scrutin majoritaire à deux tours, leur ont toujours été défavorables. Aucun candidat écologiste n'a dépassé 5 % des suffrages exprimés à la présidentielle, sauf Noël Mamère en 2002. Aux législatives, ils plafonnent généralement entre 3 % et 5 % des voix. Pour contourner ce plafond, ils ont passé des accords avec le PS en 1997 (29 circonscriptions) et 2012 (63 circonscriptions), leur permettant d'entrer à l'Assemblée nationale.

Nouvelle Union populaire écologique

En 2022, Les Écologistes ont rejoint la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), une coalition de gauche incluant LFI, le PS et le Parti communiste. La répartition des circonscriptions pour les législatives a été basée sur les scores de la présidentielle de 2022 : LFI (21,9 %) a obtenu 320 circonscriptions, le PS (4,63 %) 169, et Les Écologistes 97. En 2024, après les européennes où Raphaël Glucksmann a obtenu de bons résultats, le PS a vu sa part augmenter (169 circonscriptions), tandis que LFI en a perdu (227), et Les Écologistes en ont conservé 88. Pour 2027, la répartition dépendra des scores de Jean-Luc Mélenchon, Glucksmann et Marine Tondelier.

Affinités idéologiques complexes

Le PS, aujourd'hui clairement ancré à gauche, propose un projet critiquant un capitalisme « autoritaire et prédateur » et intègre des mesures écologistes, bien que sans ambition spectaculaire. La question du nucléaire reste un point de tension : le PS prône une formule ambiguë (« autant que nécessaire »), tandis que Raphaël Glucksmann, soutenu par Yannick Jadot, est favorable à de nouvelles centrales nucléaires (EPR2). Avec LFI, les positions écologistes sont plus radicales, comme la Règle verte (constitutionnaliser la limitation des ressources naturelles), mais des divergences existent sur l'Europe et l'aide à l'Ukraine, avec des soupçons de complaisance envers la Russie.

Enjeux et risques pour les Écologistes

Les Écologistes sont divisés entre trois options stratégiques, chacune avec des risques et des bénéfices. Une alliance avec LFI pourrait renforcer leur présence aux législatives, mais au prix d'un renoncement à leur indépendance et d'une possible dilution idéologique. Une alliance avec le PS limiterait leur influence électorale et risquerait de les marginaliser face à LFI. Le maintien d'une candidature indépendante, bien que prudent, pourrait affaiblir leur visibilité face à la concurrence de LFI. Sans distinction claire, le parti risque de disparaître, ayant subi plusieurs échecs récents.

Ce que ça pourrait changer

Les militants écologistes voteront en décembre 2024 pour trancher leur stratégie présidentielle. Yannick Jadot, suspendu pour avoir soutenu Raphaël Glucksmann, incarne les tensions internes. Marine Tondelier, secrétaire nationale, tente de maintenir l'unité du parti. Le choix final déterminera non seulement leur avenir électoral, mais aussi leur rôle dans la gauche française pour les années à venir. Les Écologistes doivent concilier leurs valeurs écologistes avec les réalités politiques d'un système électoral majoritaire, où l'union des forces de gauche est souvent indispensable pour accéder au second tour.

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