Nouvelles extensions Internet : 1 616 demandes payées, joyeux Hunger Games à tous
L’ICANN vient de confirmer que 1 616 demandes ont été payées pour de nouvelles extensions de premier niveau sur Internet. La liste n’est pas encore connue, mais devrait l’être dans les prochaines semaines, ce qui permettra de savoir quelles sont les extensions demandées plusieurs fois.
Depuis 2012, aucune nouvelle extension de premier niveau n’a été ajoutée sur Internet. Ces extensions correspondent à la partie finale d’un nom de domaine, comme .fr pour la France ou .com pour les sites commerciaux. Parmi les dernières créées, on trouve .alsace, .best, .sncf ou .xyz. Les propriétaires de ces extensions peuvent ensuite vendre des noms de domaine de deuxième niveau, comme monsite.best. En 2026, l’ICANN (l’organisme qui gère les noms de domaine au niveau mondial) a relancé un appel à candidatures pour de nouvelles extensions, appelé «round 2» ou «série 2026». Cette initiative a suscité un grand intérêt, avec 1 663 demandes déposées. Pour participer, les candidats devaient payer au moins 227 000 dollars par extension, sauf s’ils bénéficiaient d’un programme de réduction. Fin août 2026, l’ICANN a validé 56 entités, mais seules 1 616 ont effectivement payé, représentant un total de plus de 360 millions de dollars. Ce montant est comparable à celui de 2012, où près de 2 000 demandes avaient généré 350 millions de dollars.
L’ICANN a annoncé que le détail des candidats serait révélé au plus tard le 14 octobre 2026, lors du Reveal Day. Les candidats doivent se préparer à respecter des règles strictes, notamment des restrictions de communication entre eux si plusieurs postulent pour la même extension. L’ICANN rappelle que les informations officielles ne proviennent que d’elle, et met en garde contre les rumeurs ou annonces non vérifiées. Par ailleurs, les candidats n’auront que 14 jours pour choisir une extension de remplacement si leur candidature principale est rejetée. Cette décision est irréversible et doit être prise rapidement. L’ICANN a également indiqué que plus de 1 100 candidatures incluent des extensions de remplacement, ce qui complique encore le processus. Un avocat spécialisé, Jeff Neuman, a demandé à l’ICANN de publier rapidement le calendrier détaillé et les modalités pour permettre aux candidats de se préparer.
Les litiges entre candidats pour une même extension peuvent devenir très tendus. L’exemple de l’extension .easy illustre ces tensions. EasyGroup, une entreprise propriétaire de marques comme EasyJet, a menacé de retirer sa candidature à Link Freedom Group (LFG) pour l’extension .easy. En réponse, LFG a saisi la justice pour exiger que tout litige soit réglé via la procédure d’arbitrage de l’ICANN, ou que son extension ne porte pas atteinte aux droits de EasyGroup. LFG a également demandé à l’ICANN de disqualifier EasyGroup, l’accusant de ne pas respecter les règles de communication entre candidats. Un troisième acteur, Aruba, a également postulé pour .easy. Ces conflits montrent que les négociations à l’amiable échouent parfois, et que les tribunaux peuvent être saisis avant même que les candidatures ne soient officiellement révélées.
L’État du **Texas**, aux États-Unis, s’est opposé publiquement à une candidature pour l’extension **.texas**. Dans une lettre adressée à l’ICANN le **10 août 2026**, un représentant du gouverneur a déclaré que l’État ne soutenait pas et s’opposait à toute candidature pour *.texas*, ainsi qu’à toute extension dérivée. Cette opposition signifie qu’aucune candidature tierce pour *.texas* ne pourra être validée par l’ICANN. L’État n’a pas précisé s’il était lui-même candidat, mais le ton de la lettre suggère qu’il ne l’est pas. Cette situation illustre comment les entités publiques peuvent influencer les décisions de l’ICANN, notamment lorsque des noms géographiques ou culturels sont en jeu.

