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Géopolitique

Non, l’homophobie n’est pas une valeur africaine

Courrier International · mis à jour il y a 20 j

Après l’adoption sur le continent africain de lois criminalisant l’homosexualité au nom de “valeurs culturelles” et de l’anti-occidentalisme, la chercheuse féministe zimbabwéenne Nyasha Karimakwenda conteste le mythe selon lequel l’identité des Africains LGBTQI serait non africaine. Dans “Africa Is A Country”, elle explique en revanche que l’homophobie, elle, est un reliquat de la colonisation et du patriarcat..

Violence comme outil politique

L’article explique que la violence, sous toutes ses formes, sert à définir les normes sociales et à exclure ceux qui ne s’y conforment pas. Dans le contexte africain, cette violence est particulièrement ciblée contre les personnes LGBTQ+, désignées comme queers (terme anglophone désignant les personnes dont l’identité ou l’orientation sexuelle s’écarte des normes hétérosexuelles dominantes). Les dirigeants africains utilisent des moyens variés pour imposer une vision hétéronormative (modèle où l’hétérosexualité est considérée comme la norme sociale exclusive), allant de la rhétorique politique à la violence physique. Cette violence a pour but de forcer les personnes queers à adopter des comportements conformes, parfois au prix de leur vie. L’autrice, féministe africaine, souligne que cette violence est un langage politique visant à exclure certaines identités de la dignité humaine.

Mythes coloniaux et homophobie

L’article dénonce l’argument selon lequel l’homosexualité serait une valeur occidentale imposée à l’Afrique, utilisé pour justifier les persécutions contre les personnes LGBTQ+. Les dirigeants africains, en colportant ce mythe, présentent l’existence des personnes queers comme anti-africaine, une construction qui ignore l’histoire précoloniale du continent. En réalité, des études montrent que les sociétés africaines avant la colonisation abritaient une diversité de pratiques et d’identités de genre, aujourd’hui effacées par les normes coloniales imposées. L’autrice rappelle que cette rhétorique sert à détourner l’attention des problèmes socio-économiques en désignant un bouc émissaire, tout en renforçant des systèmes d’oppression hérités de la colonisation.

Résistance des personnes queers

Malgré les violences systémiques, les personnes LGBTQ+ africaines développent des stratégies de résistance pour exister dans un environnement hostile. L’article souligne que leur existence même, bien que marginalisée, prouve que l’homophobie n’est pas une valeur africaine intrinsèque, mais un outil politique. Ces résistances prennent des formes variées : création de réseaux clandestins, utilisation des médias sociaux pour visibiliser leurs luttes, ou encore recours à des alliances internationales. L’autrice met en avant le courage de ces individus qui, malgré les menaces constantes, refusent de se soumettre à des normes oppressives. Leur combat illustre une lutte plus large contre les systèmes d’oppression, incluant le sexisme, le racisme et les inégalités économiques.

Ce que ça pourrait changer

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