Adrian Chiarella mêle romance queer et exorcisme dans « Leviticus »
Présenté au dernier festival de Sundance, le premier film de l’Australien Adrian Chiarella mêle récit d’apprentissage queer et horreur sur fond de communauté évangélique homophobe. Émotions et sursauts garantis..
Le film Leviticus, premier long-métrage du réalisateur australien Adrian Chiarella, raconte l’histoire de Naim, un adolescent en deuil après la mort de son père. Il emménage avec sa mère dans une communauté rurale évangélique, où il rencontre Ryan, un camarade de lycée. Les deux garçons entament une romance secrète, mais leur relation est rapidement découverte par le pasteur et les habitants du village. Considérée comme un péché contre nature par cette communauté homophobe, leur histoire bascule dans l’horreur lorsqu’ils sont soumis à un exorcisme violent. Le film mêle ainsi un récit d’apprentissage queer à une intrigue d’horreur psychologique, explorant les conséquences de la violence homophobe sur des adolescents en quête d’identité.
Le film s’inscrit dans un contexte de tension entre la communauté évangélique, représentée par le pasteur et les villageois, et les personnages principaux, Naim et Ryan. Le titre Leviticus fait référence au Lévitique, un livre de la Bible qui condamne l’homosexualité selon une interprétation rigoriste. Adrian Chiarella utilise cette référence pour illustrer comment une doctrine religieuse peut justifier des pratiques discriminatoires, comme les thérapies de conversion, interdites dans de nombreux pays mais encore présentes dans certaines communautés. Le réalisateur transforme ces violences en éléments horrifiques, montrant comment l’intériorisation de la honte peut déformer la perception de l’amour et du désir. Le film aborde également des thèmes universels comme le deuil, la quête d’identité et la résistance face à l’oppression.
La structure narrative de Leviticus alterne entre le drame réaliste et l’horreur surnaturelle. Après les sévices subis lors de l’exorcisme, Naim et Ryan voient leurs partenaires se transformer en créatures monstrueuses, symbolisant la peur et la culpabilité intériorisées. Le film s’inspire de L’Exorciste, un classique du cinéma d’horreur, pour donner une forme concrète à l’angoisse des personnages. Adrian Chiarella évite cependant de réduire ses protagonistes à leur souffrance : à la violence répondent des moments de tendresse, de désir et de résistance. Le film, d’une durée de 1h28, a été présenté au festival de Sundance en 2026 avant sa sortie en salles le 7 octobre 2026.
Le rôle de Naim est interprété par Joe Bird, tandis que Stacy Clausen incarne Ryan. Mia Wasikowska joue le personnage de la mère de Naim. Le film est produit par Originals Factory, une société de production spécialisée dans les œuvres originales. Adrian Chiarella signe à la fois le scénario et la réalisation, marquant ainsi ses débuts au cinéma. Le projet s’inscrit dans une démarche artistique engagée, visant à rendre visible les violences subies par les personnes LGBTQ+ dans des contextes religieux ou conservateurs. La sortie en salles est prévue pour le 7 octobre 2026.

